Le coup tordu du Mossad évoqué dans les couloirs du Conseil des Ministres

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(BRUXELLES2) Officiellement, bien sûr, le sujet n’est à l’ordre du jour du Conseil des Affaires étrangères, ce lundi. Bien sûr ! Plus généralement la question du Moyen-Orient qui a été abordée récemment au sein du COPS (le comité politique et de sécurité de l’UE), qui pouvait être discutée n’y figure plus. Le sujet n’est pas encore mûr. Mais Avigdor Lieberman sera bien là dans les couloirs du Conseil des Ministres de l’UE.


Plusieurs rencontres officielles et officieuses. Le ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre israélien qui est, à Bruxelles, doit en effet rencontrer plusieurs de ses homologues européens: le Britannique, le Belge, le Roumain et le Slovène (selon son programme officiel). Une rencontre est prévue également avec Catherine Ashton, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, ainsi qu’avec plusieurs parlementaires (Jerzy Buzek, le président du Parlement européen, Joseph Daul, leader du PPE, et Micha? Kami?ski,
leader des Conservateurs).


Enjeu des discussions : L’Etat palestinien et les “passeports” du Mossad… Objectif officiel de ces entretiens : examiner “comment renforcer la coopération entre l’UE et son pays” et discuter des “modalités pour empêcher l’Iran de se doter de capacités nucléaires”. Mais l’objet de ces entretiens devrait aussi avoir pour objet de prévenir toute tentation parmi les Etats membres d’aller plus loin vers un  encouragement à la création d’un Etat palestinien. L’Espagne et la France, notamment poussent en ce sens. Bernard Kouchner l’a déclaré
ce week-end au  Journal du Dimanche : « On peut envisager la proclamation rapide d’un Etat palestinien, et sa reconnaissance immédiate par la communauté internationale, avant même la négociation sur les frontières. Je serai tenté par cela. Je serai tenté par cela. (…) Je ne suis pas sur d’être suivi, ni même d‘avoir raison. » Tous les pays européens ne sont pas sur la même longueur d’onde (1). Au passage, le ministre, réputé peu diplomate, aura une tâche particulièrement délicate : tenter de déminer la question des passeports (diplomatiques?) utilisés par les agents du Mossad pour exécuter un responsable du Hamas à Dubaï il y a un mois.


(1) La question avait été évoquée fin 2009, Lire :
Jerusalem capitale de deux Etats, reculade ou avertissement

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).