Les « derniers détails » à régler pour l’Airbus A400M (maj)

CarmeChaconMinDéfens@Esp100225

(BRUXELLES2 / A Palma de Majorque) Les 7 Etats partenaires de l’Airbus A400M ont reçu, hier soir, une lettre signée d’EADS acceptant en grande partie le « deal financier » conclu et donnant une tonalité plus optimiste. Nous sommes dans « le processus final de décision » explique son signataire. Mais il reste des « détails limités » à régler. De quoi réjouir Carme Chacon, la ministre espagnole de la Défense, qui de façon un peu anticipée, au début de la réunion annonçait un « accord de principe » des 7 ministres avec « quelques détails techniques » à résoudre (lire ici).

Une petite étape

La déclaration finale qui doit être signée par les 6 ministres de l’UE présents (ainsi que le ministre turc) et publiée dans quelques minutes souligne « le progrès significatif réalisé durant les négociations avec l’industriel. La lettre d’EADS doit (maintenant) être évaluée. Nous espérons que cela aidera à atteindre un accord ». Ajoutant (ce qui reprend la déclaration déjà faite à Istanbul) « L’A400M est le programme le plus ambitieux, il représente une étape importante de la base technologique européenne et une amélioration significative pour la politique de défense et de sécurité commune ».

Prudence d’autres partenaires

Le Ministre français de la défense, Hervé Morin (que nous avons pu rencontré ce matin avec quelques collègues journalistes), se voulait cependant plus prudent, parlant d’une étape de plus. « Nous avançons pas à pas. On n’est pas encore au stade conclusif. Mais, au moins, cela permet de rouvrir la discussion au niveau des directeurs d’armement qui étaient bloquées depuis plusieurs semaines. » Entretemps, le porte-parole du ministère de la défense français, donnant un ton plus optimiste, a confirmé que la prochaine réunion, fixée au 8 mars, pourrait être une réunion conclusive.  Du coté allemand, britannique, comme belge, on se montre cependant plus dubitatif, estimant que nombre de sujets restaient encore à régler.

Les points en discussion

Pas de réduction substantielle du programme. EADS veut que les Etats partenaires s’engagent pour ne pas réduire de façon substantielle l’enveloppe du programme. Le Royaume-Uni a déjà annoncé qu’il diminuait sa commande de 3 avions, passant ainsi de 25 à 22. « Si on en reste à ce chiffre, cela ne pose pas de problème. Si l’on continue sur cette pente, cela est dommageable au programme, selon EADS » a précisé un expert ministériel.

Révision de certaines spécifications. EADS voudrait revoir certaines spécifications, notamment celle permettant le suivi du terrain à basse altitude (*) .

La répartition et le statut des avances remboursables. « La France est prête à prendre sa part et payer 400 millions d’euros » sur le 1,5 milliard d’euros, a confirmé Hervé Morin. « Ce sont des avances à l’export. Je crois réellement aux capacités à l’exportation de cet avion. Il n’est pas plus cher que le C130J, il permet plus d’emport, il a une capacité autant tactique que stratégique. » Les autres pays n’ont pas, pour l’instant, indiqué le montant qu’ils étaient à prendre en charge. Pour les Espagnols, la répartition de cette avance doit être conforme aux commandes passées « sinon il faudrait revoir la répartition industrielle du programme ». Une petite pique qui paraissait adressée aux collègues allemands, qui semblent avoir des difficultés à passer à la caisse, mais était surtout destinée aux cousins anglais. Le réel problème semble, en fait, britannique sur la question. Selon les explications d’un proche du dossier (non-britannique), le Royaume-Uni voudrait, avant de s’engager sur un montant, bien préciser que cette avance remboursable… sera remboursée, avec des intérêts au besoin. A Londres, on craint que cette avance reste éternelle : on voudrait définir donc une date et surtout une clause d’intérêt pour ce prêt.

(1) L’A400M dispose de deux atouts spécifiques : le Terrain-Reference Navigation System (TRN – Eads) et le Terrain masking low level flight (TM-LLF – Eads).

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

Commentaires fermés.