B2 Le Quotidien de l'Europe géopolitique. Actualité. Dossiers. Réflexions. Reportages

Actu BlogAide humanitaireProtection Civile

Séisme à Haïti: A qui donner ?

(BRUXELLES2) La question se pose et m'a été posée. Pour ma part, je pense que donner aujourd'hui en situation d'urgence est sans doute un geste utile. Il faut le faire dans ce cas, non pas seulement à des organisations qui ont pignon sur rue, mais qui ont une grosse capacité d'intervention (avions, réseaux, télécommunications), et un ratio coût administratifs / capacité d'intervention le plus efficace possible. Ma préférence irait donc à des organisations type Médecins sans frontières, Action contre la Faim ou Caritas (selon les préférences) qui remplissent ce critère. Coté allemand, 10 organisations de charité les plus importantes ont centralisé leurs appels sur un seul site:  www.aktion-Allemagne-hilft.de


Mais j'aurais envie d'ajouter : "gardez votre argent pour plus tard". C'est, en effet, passée la phase d'urgence, lors de la reconstruction, que l'on aura le plus besoin de contributions privées.


HaitiSeismeBatiment-Echo100113.jpg
(Photo : ECHO/Vicente Raimund)


Remarque: Pourquoi ECHO ne recueillerait-il pas les dons privés ? La question peut se poser... pour l'avenir. En effet, l'Office européen d'aide humanitaire (ECHO), est - à mon sens - un des instruments les plus efficaces et les plus performants (1). Mais il n'est actuellement pas outillé pour recueillir les dons privés. Cette voie serait cependant justifiée à la fois d'un point de vue politique (on parle toujours de  diminuer les ressources budgétaires publiques et de mêler les ressources publiques et privées) et pratique. ECHO a les capacités de répartir les fonds entre les organisations les plus rapides et conséquentes. Il suit régulièrement les travaux des ONGs, et peut sans doute mieux juger et apprécier que nous leur efficacité. Son ratio administratif-interventions est des plus faibles qui soit. Et ses agents - pour ceux que j'ai pu approché - ont à la fois une grande modestie, une bonne connaissance du terrain et un "sens du devoir" (sens qui n'est plus toujours aussi partagée au sein de la Commission européenne). Enfin, l'argent est sous contrôle : triple contrôle, interne (audit de la Commission), "policier" (l'Olaf, Office de lutte anti-fraude), parlementaire (Parlement européen). Cela offre quelques sérieuses garanties quant à des possibilités de fuite.

(1) Créé en 1992, de façon un peu improvisée, Echo s'est peu à peu structuré. Il est depuis 1996, une direction générale à part entière de la Commission européenne.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

s2Member®