Pas de Battlegroup pour Haïti. Le baptême du feu de Catherine Ashton

(BRUXELLES2)
Réunion de crise aujourd’hui à la Commission européenne
. Comme tous les jours depuis mercredi, et le début de la mobilisation internationale face au séisme à Haïti, il y avait réunion de crise à la Commission européenne. Autour de la table: les principaux responsables de la gestion de crise: les humanitaires (Echo), les développement (DG dev), les sécurités civile (MIC DG Environnement), l’Etat major civil (CPCC Klompenhouwer) et militaire de l’UE (général Leakey), Etc.
Objectif : faire le point de la situation, recenser les moyens et activer si nécessaire d’autres (1). Cette réunion est cependant un peu plus solennelle que les précédentes puisqu’était
présente Catherine Ashton, la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères.

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Dans tous les pays les réunions de crise se succèdent, ici Carme Chacon la ministre espagnole de la défense, en réunion avec les  responsables de l’Unité militaire d’urgence (UME) qui partent sur place. (crédit photo :
ministerio de Defensa) (2)


Pas de nécessité d’un battle group. « Pour l’instant — résume un des participants — nous en sommes plutôt aux moyens de l’aide  humanitaire (ECHO) et la  ensuite. L’option « Battlegroup » n’a pas été écartée. Mais elle n’est pas envisagée en l’état. Il en est de même d’une éventuelle mission de police ». Les conditions ne sont pas encore remplies (notamment l’invitation par l’Etat membre, préalable nécessaire à toute opération civile de défense).  « La priorité immédiate des opérations – explique-t-on à la Commission dans un communiqué à la presse – a été de livrer l’équipement nécessaire à l’enlèvement des débris, de répartir les équipes de recherche et de sauvetage ainsi que de fournir les secours d’urgence, l’eau, les hôpitaux de terrain, les tentes, les moyens de communication et les denrées alimentaires. » L’UE a cependant « indiqué également qu’elle est prête à apporter toute autre aide nécessaire dans d’autres secteurs. »
Une phrase, explique un proche du dossier, qui signifie que « toutes les autres options (comme les missions de défense) sont envisagées« . Mais à vrai dire, pour l’instant, l’attention de la diplomate en chef de l’UE se porte surtout sur la reconstruction. Catherine Ashton, qui répondait à la presse, hier, l’a d’ailleurs dit expressement l’aide européenne est menée « en étroite coordination avec les Nations-Unies. Et, pour l’instant, on ne nous a pas demandé de militaires sur place. ».

Priorité à la reconstruction. Lundi, est convoqué à Bruxelles, un conseil exceptionnel des ministres du Développement, pour faire le point sur les mesures à court terme. Cette réunion permettra, surtout d’envisager la deuxième phase : les efforts de reconstruction. Il sera présidé par Catherine Ashton (avec le concours du ministre Espagnole). Ce sera, en fait, son baptême du feu en quelque sorte en tant que président du Conseil des ministres. La Commission européenne sera représentée par Karel de Gucht, l’actuel commissaire au  Développement.  

Commentaire : le baptême du feu d’Ashton. Haïti est ainsi la première crise internationale où le nouveau dispositif de l’UE – voulu par les 27 et écrit dans le Traité de Lisbonne – se met en place. Les différents services de l’action extérieure (humanitaire, développement, militaire, gestion de crises) se réunissent et se coordonnent sous l’autorité d’une seule personne.

(1) Une équipe de coordination est présente à Haïti, composée de sept personnes (Un Français en chef d’équipe assisté d’un Italien, Espagnol, Autrichien, Estonien, Britannique et un officier de liaison de la MIC).
(2) Il n’y a pas de photos disponibles de la réunion européenne.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

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