A Haiti, la phase d’urgence pas terminée, 1000 avions en attente, un rapport édifiant de la CE

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(BRUXELLES2) Le dernier rapport que viennent de dresser les experts européens qui sont sur place est édifiant tant sur la situation sur place qui reste encore catastrophique : la phase d’urgence n’est pas vraiment terminée même si la phase de « recherche et de secours » dans les décombres (search and rescue) est désormais close.

 

Des besoins énormes


Sans-abris, déplacés, blessés, camps de fortunes. Avec 200.000 personnes sans abris, rien qu’à Port-au-Prince (selon les estimations de l’ONU), et 210.000 déplacés en dehors de Port-au-Prince, ainsi que 600.000 personnes dans des camps de fortune à Port-au-Prince, on perçoit tous les défis de l’aide d’urgence internationale aujourd’hui dans l’ile.


Selon les experts européens, l’accès aux camps, les points de distribution de nourriture, la desserte des villes et villages isolés s’améliore mais reste encore « limitée par les débris, les véhicules abandonnés sur les routes ou les dommages d’infrastructure (ponts, routes, etc.). Parmi les autres besoins, il faut aussi du « carburant, des petites pompes et des latrines ». « La qualité de l’eau et sa distribution reste un problème ».

Sans compter les besoins médicaux : « 200.000 personnes ont besoin de soins de suite post-chirurgie et d’un bilan médical, avec des blessures non traitées. Les maladies infectieuses et les conditions sanitaires restent une préoccupation prioritaire et pourraient se détériorer rapidement si les pluies arrivaient. »

Les défis pour l’assistance internationale


Les voies d’accès. « Le déblocage des goulets d’étranglement logistiques à Port-au-Prince » est une priorité. Notamment rouvrir le port maritime pour soulager l’aéroport.
Les chiffres sont conséquents. Selon l’unité protection civile de la Commission, il y a actuellement « un retard de 7 jours pour les vols à l’arrivée. Et environ 1000 avions sont en attente ». Précision : « les vols militaires représentent 27% du total ».

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Les problèmes de coordination: devant le manque de capacité du gouvernement pour se coordonner, il y a « nécessité de renforcer la coordination sous l’égide des Nations unies entre les principaux acteurs au niveau opérationnel et sur le terrain, notamment entre acteurs militaires et humanitaires » notent les experts européens.

Donner du travail aux Haïtiens. Il faut trouver des « activités génératrices de revenus pour un maximum de trois millions de personnes dont l’existence a été perturbée par le séisme ». Le gouvernement haïtien propose de mettre en place des programmes  » nourriture et argent contre travail » pour employer des Haîtiens à nettoyer / enlever les débris dans les zones détruites.

(crédit photo : Commission européenne / MIC + Us DoD – Sgt. James L. Harper Jr., U.S. Air Force/Released)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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