Echec de la présidence suédoise sur Althea Bosnie (maj)

crédit photo : CUE « Carl Bildt, ministre suédois des Affaires étrangères »

(BRUXELLES2) La présidence suédoise a échoué à faire adopter par les 27 ministres des Affaires étrangères un projet de conclusions sur l’opération militaire de l’UE en Bosnie-Herzégovine (Eufor Althea).

Double veto

Plusieurs pays n’étaient pas d’accord avec le projet de texte qui revenaient à lancer une nouvelle opération PESD AltheaII et mettre fin à la première. Les ministres britannique (David Milliband) et slovaque (Miroslav Lajcák), particulièrement se sont exprimés. Chacun pour des raisons différentes.

Conseil encombré

La discussion s’avérait donc plus ardue que prévue. Et la présidence suédoise avait d’autres points de friction sur la table notamment la Turquie et le Moyen-Orient (avec Jérusalem est). Elle ne voulait donc pas s’encombrer d’un problème de plus. Le Suédois Carl Bildt, qui présidait la réunion, a simplement annoncé, lors de la conférence de presse finale, que « le point était reporté à janvier ». Ce glissement de calendrier n’est pas dramatique mais cache mal un semi-échec pour la diplomatie suédoise.

Le problème demeure

Le « bébé » est donc passé à la présidence espagnole. Ce qui n’est pas un cadeau. L’Espagne a, en effet, annoncé vouloir retirer ses troupes de l’opération. Outre l’Espagne, la Bulgarie, la Pologne, l’Italie ont annoncé faire de même. En tout, selon mes calculs, entre 500 et 900 soldats pourraient quitter la Bosnie-Herzégovine dans les prochains mois, soit la moitié de l’effectif.

Pourquoi ils n’étaient pas d’accord

Pour le Royaume-Uni – qui n’a plus qu’une présence symbolique dans Althea depuis des mois (9 militaires !) -, il s’agit surtout d’une question de principe. L’opération Althea est, en effet, la dernière opération à être menée sous le dispositif de Berlin Plus (avec utilisation des structures de commandement de l’OTAN, le SHAPE). Et l’OTAN a, elle-même, mis sur pied une mission d’assistance à l’armée bosniaque.

  • Lajcák : « On peut avoir des troupes basées dans un autre pays. »

Pour la Slovaquie, il s’agit de l’expérience personnelle de Lajcák qui était jusqu’à janvier 2009, le Haut représentant de l’ONU/UE en Bosnie-Herzégovine. Sa position est davantage fondée sur la situation dans les Balkans. Nous avons pu nous entretenir après le Conseil. Pour lui, « C‘est une erreur de mettre une date fixe à la fin de l’opération, un mauvais signal envoyé à la Bosnie. » Cela ne signifie pas que Lajcak soit fermé à toute évolution : « On pourrait indiquer que l’opération prenne fin trois mois après la fermeture du mandat du Haut représentant, par exemple ». Et il n’est pas nécessaire « que toutes les troupes soient « on the ground ». Elles pourraient être basées dans un autre pays, à condition qu’elles soient prêtes à réagir le moment venu et qu’elles restent dans le cadre du mandat », explique Lacjak. « Il est même possible d’avoir une autre mission non exécutive, si cela est utile. » Mais : « il est important de garder intact le mandat d’Althea, une opération avec caractère exécutif, avec possibilité de recours à la force (article 7 de la charte des Nations-Unies), pour montrer que l’UE est pleinement impliquée en Bosnie ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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