Un médiateur de l’UE pour négocier avec les talibans ? Une proposition finlandaise


(BRUXELLES2) Le ministre finlandais de la Défense, Jyri Häkämies, estime nécessaire de renforcer le rôle de l’UE en Afghanistan et de nommer un « médiateur », chargé spécifiquement d’aller à la rencontre des groupes d’opposition, de préparer la paix et de faciliter le processus de réconciliation nationale. Il pense à un nom en particulier : Pekka Haavisto, actuel député vert en Finlande. Le ministre voudrait proposer cette candidature lors de la réunion de l’IFAS qui se tient fin octobre à Bratislava. « On a besoin en Afghanistan d’une personne qui soit capable de parler non seulement avec tous les groupes ethniques, mais aussi avec les Talibans modérés. Cela permettrait de préparer un développement plus stable. » avait-il expliqué lors des journées de la défense en septembre. Ce point de vue n’est pas automatiquement partagé par tous au sein du gouvernement finlandais. Le ministre des Affaires étrangères, Alexander Stubb, par exemple, est plus sceptique.

Haavisto a une longue carrière internationale. Il a notamment dirigé l’équipe d’enquête de l’ONU sur l’uranium appauvri au Kosovo, Bosnie, Serbie et Montenegro (2000 à 2003), les task forces de l’ONU déployées en Afghanistan (2002), au Liberia, en Iraq dans les Grands lacs. Il a été représentant spécial de l’UE au Soudan à partir de 2005. A l’époque (2002 – 2005), en Afghanistan – raconte Haavisto à un journal finlandais -, «il était possible de circuler dans la partie sud du pays, qui est aujourd’hui contrôlée par l’opposition. Il est déroutant de constater que pendant que la communauté internationale soutenait le gouvernement, l’opposition gagnait davantage de terrain».

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).