Le contrat entre les thoniers bretons aux Seychelles et l’armée va être renouvelé



(BRUXELLES2) Avant même que l’attaque contre le Drennec soit réalisée, la décision avait été prise. Les thoniers bretons avaient décidé de renouveler l’accord qui les lie à l’armée française et leur permet de bénéficier de la protection des fusiliers-marins. Celui-ci se termine, en effet, fin octobre. Et la décision a été prise de le prolonger d’un mois supplémentaire. Pour 2010, la prolongation n’a pas encore fait état d’une demande formelle des pêcheurs.

Contribution des pêcheurs. Cette protection n’est pas gratuite pour les pêcheurs. Ils contribuent, en effet, aux frais supplémentaires engagés par la Marine Nationale pour cette opération : primes de mer des militaires, hébergement aux Seychelles, voyages, transport des munitions, frais de fonctionnement de la cellule de coordination sur l’île de Mahé… Mais elle est – semble-t-il -, rentabilisée par l’assurance d’une saison de pêche correcte. Les navires basques et galiciens, non protégés de manière conséquente, ont connu par contre une baisse de leur tonnage
ramené (lire ici).

Un modèle qui pourrait inspirer – selon moi – tout le fonctionnement des opérations anti-piraterie. Il paraîtrait, en effet, logique que les armateurs des navires marchands, qui traversent le Golfe d’Aden, et leurs assureurs contribuent au dispositif qui améliore, de façon conséquente, leur sécurité. Ce serait une manière également de pouvoir augmenter les coûts communs de ce type d’opérations. Sujet qui, à l’Union européenne comme à l’OTAN, prête souvent à discussion mais rarement… à augmentation.

(photo : équipe de protection embarquée, 2008 – crédit : Dicod)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).