La nouvelle Commission 2010: très à droite, très masculine

(BRUXELLES2) Depuis mon dernier pointage, en juillet (lire : Qui dirigera l’Europe en 2009 (Maj2) : les 27 Commissaires), il y a eu de nombreux changements. J’ai donc mis sur une “page” permanente, actualisée régulièrement, une liste des noms pressentis pour prendre place dans la future Commission européenne en 2010 (Lire : La nouvelle Commission 2010: les noms, portfolios, biographies).

Pas avant 2010… Le ministère italien des affaires étrangères, qui est le dépositaire officiel du Traité de Rome comme de Lisbonne, a en effet confirmé officiellement que le Traité de Lisbonne devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2010. Ce n’est qu’à ce moment que les 27 Chefs d’État et/ou de gouvernement pourront désigner leurs représentants officiellement. Et le Parlement européen pourra alors commencer son travail d’audition des commissaires pressentis. La nouvelle Commission prendrait alors ses fonctions en février (si tout va bien, et qu’aucun commissaire n’est “recalé”). Jusqu’à là l’actuelle Commission sera en “affaires courantes” (lire : La Commission sera en “affaires courantes” à partir du 1er novembre).

Même si la nomination officielle devrait être plus tard, une majorité de pays a déjà désigné, plus ou moins officiellement son représentant au sein de la future Commission. Et on peut déjà faire plusieurs constats :

  • Une nette prédominance de la droite – PPE (11 à 14 contre 9 aujourd’hui) et ADLE (7 contre 10 aujourd’hui) tandis que le PSE plafonne (4 à 7, en comptant le Slovaque, le Tchèque et le Néerlandais, contre 6 aujourd’hui), et 2 à 3 “techniciens”. Ce qui est assez logique et reflète la composition actuelle des gouvernements européens. Mais cela ne reflète pas l’équilibre Gauche-Droite en Europe qui oscille souvent entre 40-60%. Cela constitue donc un risque pour une institution sensée représenter l’intérêt général. D’autant qu’en 5 ans, la tendance peut s’inverser dans les Etats membres. Attention cependant aux amalgames rapides : un social-démocrate tchèque ou britannique est plus proche d’un libéral néerlandais tandis qu’un libéral belge ou un UMP français est plus proche d’un social-démocrate suédois.
  • Très peu de femmes pour l’instant : seulement 4 dans les “nominés” ! (contre jusqu’à 10 dans la Commission 2004). Du coup, les pays qui avancent une “bonne” candidate ont toujours plus de chance qu’un “bon” candidat.
  • Un certain nombre de commissaires reste en poste : au moins 9 si on ne décompte pas ceux arrivés récemment, 12 dans l’autre hypothèse

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).