La Commission sera en « affaires courantes » à partir du 1er novembre

(BRUXELLES2) De façon implicite, mais claire, le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso a confirmé, samedi, s’exprimant devant la presse après le réferendum irlandais positif que la future Commission « ne pouvait pas être constituée tout de suite. J’espère que ce sera fait sur la base du Traité de Lisbonne. Mais nous ne connaissons pas le calendrier. » Conséquence: l’actuelle Commission resterait en poste, « un certain temps en affaires de gestion courante. Son mandat prend fin le 31 octobre. Mais il faut que ce temps (de transition) soit le plus court possible » Et le président de la Commission, qui a reçu l’aval du Parlement européen et du Conseil européen, pour un deuxième mandat à la tête de l’exécutif européen, de « lancer un appel au Conseil pour avoir le plus tôt possible le traité de Lisbonne en place ».

Quant au futur Haut représentant pour la politique étrangère — « Un poste important » a-t-il ajouté, puisqu’il sera également  vice-président de la Commission — il a voulu faire taire toute rumeur de négociation sur ce poste : « Le Haut représentant à la politique étrangère doit être proposé par le Conseil. Je n’ai fait aucune invitation pour un portefeuille précis. » a-t-il précisé. En fait, ce que Barroso n’a pas précisé : c’est que cette nomination se fait (selon le Traité de Lisbonne) « en accord » avec le président de la Commission. Et que, naturellement, il y a actuellement d’étroites concertations et négociations entre tous les Etats membres. Il semble cependant qu’il n’y ait pas encore vraiment d’accord. Plusieurs pays (Suède, France, Italie, Autriche, Grèce, Pays-Bas) ont plus ou moins ouvertement   revendiqué ce poste ou ont une personnalité qui pourrait convenir au poste. L’idée de favoriser à ce poste un équilibre politique – ce qui mettrait une personnalité du centre gauche – voire la parité – en l’attribuant à une femme — complique la donne. Car, pour l’instant, aucun nom cité couramment ne remplit ces deux critères.

(crédit photo : Commission européenne)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).