De Crem: la question d’envoyer des renforts en Afghanistan ne se pose pas…

(BRUXELLES2) A l’informelle Göteborg, j’ai pu converser avec le ministre de la Défense belge, Pieter de Crem, sur plusieurs sujets d’actualité, non seulement sur la possible mission SSR en Somalie ou de l’Airbus A400M (a suivre) mais aussi de l’Afghanistan. Un
point de vue important car la présidence belge approche (au 2e semestre 2010 – avec une rencontre informelle prévue à Gand) et il importe de connaître le point d’un homme politique qui entend trancher avec la politique de son prédécesseur, André Flahaut, en étant plus proche des Américains, ou selon une autre version, en rééquilibrant l’approche belge entre l’OTAN et l’UE.

Concernant les renforts militaires en Afghanistan, le Ministre se veut clair : « Nous n’avons pas reçu de nouvelle demande. L’important est d’avoir une stratégie de succès, pas seulement au plan militaire, le volet civil, aussi, est important (il y a 210 hommes à Kandahar, sur un PRT). Avec la présence militaire, nous voulons donner la possibilité de donner au gouvernement afghan la possibilité de bâtir l’État et de développer les possibilités économiques. Ma collègue au gouvernement qui s’occupe du développement a donné la possibilité de financer certains projets – nous triplons la contribution. C’est une très subtantielle augmentation de la participation. »

Quant à augmenter le nombre de civils sur place, le Ministre se veut très prudent : « C’est une décision du gouvernement. Cela doit être décidée cas par cas. Il faut une synergie de toutes les structures présentes en Afghanistan. ».

En revanche, il s’élève vivement contre la tentation de voir un échec : « Je ne suis pas d’accord sur le fait que nous n’avons pas réalisé un certain nombre de succès notables. La construction de routes, l’éducation,, la santé publique, l’application de la loi, un certain nombre de progrès ont été faits. Mais il reste encore beaucoup de travail à faire. »

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).