7 suspects arrêtés après l’attaque du Cap Saint Vincent (maj3)

(BRUXELLES2) Sitôt l’alerte donnée après l’attaque du thonier breton « Cap Saint Vincent« , à 350 miles au large de Mogadiscio, la frégate allemande Karlsruhe (qui fait partie de la flotte anti-piraterie de l’UE « Atalanta ») a reçu l’ordre de mettre le cap sur le lieu de l’attaque. Avec les indications données par le bateau de pêche breton, il a fait ce qu’on appelle en langage maritime « une route de chasse« . Et un hélicoptère de la frégate espagnole Canarias a décollé. « Deux skiffs rapides ont été localisés en train de fuir la zone de l’attaque« , selon le QG d’Atalanta. « L’hélicoptère a alors tiré des coups de semonce. Les skiffs se sont arrêtés ». Les militaires européens ont observé que les  suspects « jetaient par-dessus bord différents matériels, sans doute de l’attirail de piraterie ». Après abordage par le RHIB de visite du Karlsruhe, les militaires européens ont « trouvé sept personnes à bord. Le thônier breton (qui avait poursuivi sa route) a alors été prié de retourner afin d’identifier les attaquants. Après leurs déclarations, les sept pirates sont détenus à bord du Karlsruhe » (1). Il faut noter que – contrairement aux informations d’Ecoterra – « aucun blessé n’a été signalé parmi les personnes appréhendées » a précisé un porte-parole
d’Atalanta. Son de cloche identique du coté de l’Etat-Major des forces françaises déployées dans l’Océan indien. « Il n’y a pas eu de blessés » m’a-t-on confirmé.

Destination le Kenya ? La destination des pirates pourrait être le Kenya si celui-ci accepte de prendre en compte la demande. « Pour nous, il était donc important que les pêcheurs et les militaires puissent identifier les skiffs » précise un porte-parole d’Atalanta. Une preuve  indispensable pour éviter un refus des autorités kenyanes. L’officier de la police militaire (Feldjäger) qui est spécialement commis à  l’intérieur des frégates allemandes pour effectuer ce travail de « police judiciaire« , procède alors selon une procédure mise au point par Atalanta, une « check list » de différents points à passer en revue, établie « en cohérence avec le régime judiciaire et les preuves demandées par les autorités kenyanes » (en application de l’accord UE-Kenya de transfert des pirates). Mais, pour l’instant (16h), aucune décision n’est encore prise, m’a-t-on précisé au QG d’Atalanta. Les conseillers juridique et politique travaillent sur la question en lien direct.


(1) « In the afternoon of October 27th 2009, 350 nautical miles east of Mogadishu, Somalia, a French Fishing Vessel was attacked by pirates in two attack skiffs. (…) The EU NAVFOR German warship FGS Karlsruhe, on anti-piracy patrol in the area, was ordered to set course to the attack position. Simultaneously, the helicopter of EU NAVFOR Spanish warship ESPS Canarias, also on anti-piracy patrol, was launched and relocated two fast attack skiffs trying to flee the area of the attack. The helicopter fired warning shots to stop both skiffs, after which the pirates stopped and were seen throwing items, presumably pirate paraphernalia, overboard. On arrival of FGS
Karlsruhe her boarding team secured both skiffs, and found seven persons on board of the two skiffs. The French Fishing vessel was requested to return to the scene to identify their attackers. Upon their statements the seven suspected pirates were detained on board FGS Karlsruhe.

 

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

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