A Göteborg, premières nouvelles de l’informelle des Ministres de la défense

(BRUXELLES2 / A Göteborg) Situé dans le quartier du port de Göteborg, Eriksberg, la rencontre informelle des Ministres de la Défense sous la présidence du suédoise, a démarré. Batiments clairs, modernes, esthétique soignée, système wireless qui fonctionne parfaitement… que demander de plus. D’ailleurs une délégation belge est venue spécialement observer le dispositif mis en place pour se préparer à organiser l’informelle Défense qui se déroulera sous présidence belge, à Gand. « Il va falloir qu’on augmente le budget prévu si l’on veut être à la hauteur » commente l’un d’eux. Pour les Ministres qui arrivent, c’est l’occasion, à l’entrée ou lors des pauses de marquer leur centre de préoccupation.

Présence royale. Plusieurs Ministres n’ont pas fait le déplacement : l’Allemand Jung (pour cause de défaite électorale du SPD), le Français Morin (qui est parti en Afghanistan rendre hommage aux soldats tombés ce week-end et assurer les blessés de sa solidarité). En revanche, la princesse héritière Victoria de Suède, est bien là (photo) et ne se contente pas de venir serrer quelques mains ou prononcer un discours d’inauguration. Elle s’assied sagement derrière le Ministre de la défense sur un siège en plastique du plus commun (comme on trouve dans n’importe quelle salle de réunion), sort son carnet, et prend conscieusement note de ce que dit le Ministre.



Le ministre Tolgfors entame la discussion, en arrière plan (à droite) la princesse Victoria de Suède (cop. NGV)

Iran, Afghanistan, Missiles….
• Pour le Haut représentant, J
avier Solana – dont c’est normalement une des dernières rencontres ministérielles (lire sur sa possible prolongation) -, c’est l’Iran – avec ses projets nucléaires et de lancement de missile – qui l’inquiète proprement, et il le déclare dès son arrivée quand il est interrogé par les journalistes. Quant à la révision de la stratégie en Afghanistan, il se montre peu prolixe « On ne peut pas  prendre de décision pour le moment. Nous verrons après les résultats des élections », explique-t-il.
• L’Afghanistan est cependant sur toutes les lèvres. Et la majorité des questions des journalistes vont dans ce sens. Le ministre danois, Søren Gade, ne peut s’empêcher ainsi d’indiquer qu’avec plus de 800 soldats sur place, le royaume de la petite sirène ne peut pas vraiment faire plus. Si « tout le monde faisait au prorata de sa population comme le Danemark, il n’y aurait pas vraiment de problème d’effectif » explique-t-il (27 Danois ont déjà été tués). Voir aussi ses propos sur la levée de l’opt-out danois sur la défense.
• Pour le ministre polonais de la Défense, Bogdan Klich, l’actualité tourne davantage autour de la nouvelle proposition américaine de réviser le bouclier anti-missile d’installer des « missiles SM3 (à moyenne portée) en Pologne (à l’horizon 2015) est excellente » explique-t-il. «Elle est beaucoup mieux ajustée aux menaces, à nos réels risques».

Surveillance maritime. Les Suédois veulent avancer sur la surveillance maritime.
Démonstration à l’appui, les spécialistes suédois ont expliqué aux Ministres, puis à la presse et aux experts militaires, combien le système de surveillance de la Baltique mis en place par les Suédois dans la Baltique avec les pays riverains (Baltes, nordiques, allemand, polonais) était efficace. Comme le dit le Ministre
Sten Tolgfors, « il n’y a pas besoin de créer un nouveau système ou une nouvelle organisation, il suffit de partager les informations, d’avoir une base de données et un réseau et de relier les différents centres nationaux existants. Cela ne
coûte pas plus cher
». Voir article détaillé.

NB : Pendant la rencontre, j’inaugure un nouveau mode d’information plus rapide sur Twitter. Patience, je suis en rodage -:)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).