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Deux avions de patrouille luxembourgeois basés aux Seychelles

(BRUXELLES2) Deux petits avions de patrouille maritime, des Swearingen Merlin III, vont être basés aux Seychelles pour faire face à une possible résurgence de la piraterie à la fin de la mousson dans l’Océan indien. Ils seront sous le commandement de la force anti-piraterie de l’UE (Eunavfor Atalanta). Un accord est intervenu après des discussions entre le gouvernement des Seychelles, le Haut commissaire britannique dans l’archipel et l’ambassade de France – qui représentent l’UE dans ces iles ; les discussions se poursuivent pour une  coopération plus importante (1). Ce dispositif complète donc l’Awacs déjà arrivé à Djibouti (lire ici).

Les deux
Swearingen Merlin III, seront fournis par le gouvernement luxembourgeois, et assurés par la compagnie CAE Aviation basée au Luxembourg. L’équipage et ses mécaniciens seront stationnés dans l’ile. L’avion peut rester 6 heures en vol. Il est équipé de radar, de détecteurs jour et nuit. Outre la surveillance des eaux à la demande du PC d’Atalanta, une partie de formation des gardes côtes seychellois à ce type d’observation pourrait être prodigué.

Cae aviation est une petite société fondée en 1971 spécialisée dans certaines activités : aéronautques (Surveillance et reconnaissance aérienne, transport/ larguage parachutistes, renseignement et analyse d’images, étude géophysique…), ainsi que de maintenance, de  conception ou/et distribution de matériels avioniques . Elle travaille principalement pour le gouverment luxembourgeois et l’OTAN mais elle prête son concours à certaines opérations de l’UE. Ainsi un avion a été dépêché un Casa  à Malte dans le cadre de la lutte contre  l’immigration clandestine, afin de renforcer (et former) les forces maltaises.

(1) Parmi les dispositions envisagées, un accord de livraison des pirates se heurte à plusieurs difficultés. Parmi celles-là : l’une d’ordre juridique, la procédure pénale des Seychelles est plus difficile que celui du Kenya, qui reste calqué sur le droit britannique (du coup pour avoir des juristes connaissant toutes les finesses de la loi et surtout pouvoir l’appliquer sur les bateaux européens n’est pas évident). L’autre est d’ordre pratique, la justice du pays est moins outillée” que celle du Kenya pour faire face à un afflux de pirates, l’ile n’est pas bien riche, elle ne compte qu’une seule prison et le nombre de juges criminels n’est pas légion.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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