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Bouclier anti-missile en Pologne et Rép.Tchèque: la messe est dite


(BRUXELLES2) L’administration Obama semble vouloir tirer un trait définitif sur l’installation d’un bouclier anti-missiles en Pologne et République Tchèque. Cette installation voulue par l’administration Bush ne semble plus en odeur de sainteté à Washington. Il faut dire que les dernières informations n’étaient pas follement optimistes pour la réalisation de ce bouclier (lire ici). Cette fois, même si aucune décision n’est encore prise de façon définitive, la messe semble être dite.

Des solutions alternatives (mobile, bateaux, Israël, Turquie, Balkans). Le gouvernement américain prépare déjà des solutions  alternatives, souligne un lobbyiste, Riki Ellisson, président de la Missile Defence Advocacy Alliance, dans un article fouillé de Gazeta Wyborcza. Lors d’une conférence qui s’est tenue récemment où le Pentagone a exposé ses plans futurs, les généraux n’ont jamais mentionné le plan original concernant la Pologne et la république Tchèque. Mais d’autres possibilités sont évoquées : notamment l’installation d’intercepteur mobile de lance-missiles (une solution proposée par le puissant constructeur américain Boeing…), voire l’installation sur des bateaux – une solution qui a le mérite de pouvoir être adaptée à tous temps – ou alors la construction de bases dans des pays plus exposés (à la menace iranienne ou autre). On parle d’Israël, de la Turquie ou des Balkans.

La raison de cette évolution : ne pas brusquer la Russie. L’administration Obama a pris conscience que « beaucoup de problèmes globaux peuvent être facilement résolus ensemble avec Moscou » raconte Ellisson. Notamment en matière de désarmement, une priorité des Démocrates. Et nos amis polonais brodent sur ce thème. Reste maintenant à obtenir de Moscou des contreparties sérieuses à ce qui constitue, malgré tout, un sérieux retrait et un vrai changement dans la doctrine américaine de défense. Mais il y aussi d’autres “bonnes”
raisons à cette évolution : tout d’abord, le coût du projet de bouclier fixe anti-missiles et ensuite les sérieux doutes des experts de  l’administration Obama sur sa capacité réelle opérationnelle.

On pourrait ajouter aussi à cette liste : la crise économique (un formidable accélérateur de réalité) et la prise de conscience que le risque futur est rapidement évolutif (hier la Lybie, aujourd’hui le “presque” meilleur ami de l’Occident, en ce moment, l’Iran, demain  qui ? et où ?) Dans ce cas effectivement une solution “mobile”, “déplaçable” paraît finement intelligente…
(lire l’article).

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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