Le parlement japonais autorise une action plus « musclée » contre les pirates

(B2) La Diète japonaise a approuvé, vendredi, une loi autorisant l’armée japonaise (les forces d’auto-défense ou SDF) à agir pour protéger des pirates au large de la Somalie les navires marchands qui ont un lien avec le Japon. Est considéré comme un lien avec le pays les navires : 1) battant pavillon du Japon, 2) avec des Japonais – marins ou passagers – à bord, 3) ou opérés par des firmes japonaises. Elle autorise la SDF à ouvrir le feu sur les bateaux pirates qui refusent de s’arrêter après ds tirs de semonce.
Ce qui change singulièrement la donne. Les navires de guerre japonais ne sont jusqu’ici qu’autorisés à des tirs de semonces. Et pas plus, sauf circonstances très exceptionnelles ; la Constitution
du Japon limitant strictement l’usage de la force à la défense du territoire japonais. Cette opération constitue une première opération du Japon, avec une démonstration de force appuyée, hors de la zone d’action habituelle de la SDF.

Même si la chambre des conseillers, dominée par l’opposition, a voté contre la proposition de loi, celle-ci a pu passer grâce à l’appui massif de la Chambre des représentants, dominée par la coalition au pouvoir (parti démocratique libéral et Komeito). Cette loi permet de changer la base juridique d’action pour les forces déployées dans le golfe d’Aden (deux navires et deux avions patrouilleurs).

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).