Tragique méprise en Mer rouge selon les Yéménites

(BRUXELLES2) Deux pêcheurs tués, un autre en situation critique, et un disparu après le tir d’un missile. C’est le bilan qu’ont annoncé les autorités yéménites, mercredi 27 mai.

Les pêcheurs – ainsi qu’un quatrième dont on reste sans nouvelles – étaient à bord de leur bateau en mer rouge, venaient de la zone de Midy et étaient proche des eaux soudanaises, quand un missile a détruit leur bateau. Ce missile aurait été tiré par un des navires de la flotte internationale qui patrouillent dans la région, selon l’agence de presse yéménite Saba. Mais les circonstances et même le lieu de l’incident restent flous. Est-ce dans les eaux soudanaises, vraiment, ou plutôt dans les eaux yéménites. Par avance, le responsable du district de Midy a démenti que le bateau avait été attaqué dans les eaux territoriales yéménites. Soudanais et Yéménites devraient coordonner leur enquête sur la situation.

Scepticisme européen

Du coté des spécialistes européens de la lutte anti-piraterie, on reste dubitatif et on se refuse à commenter plus largement cette information. Quant au Bureau maritime international, il a recensé – d’après mes recherches – un seul incident récent en mer rouge, mardi 25, quand un cargo a déjoué une attaque de pirates par des « manoeuvres appropriées ». Mais c’était plus au sud – au large de l’Erythrée.

Agacement yéménite : l’OTAN visée

Quoi qu’il en soit, cet incident démontre l’agacement – et le mot semble faible – du Yémen à l’égard des forces internationales, du moins de certaines. Le ministre de l’Intérieur yéménite est ainsi, récemment, monté au créneau – affirmant qu’un navire yéménite avait été provoqué, par une mission de l’OTAN de sa région, qui a exercé des « intimidations » à l’égard son équipage. A suivre

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).