La quille pour les 785 eurodéputés

Jeudi, le Parlement européen à Strasbourg a fermé ses portes. Temporairement. C’est la fin de la mandature.

Des au-revoir ou des adieux

Durant plusieurs semaines, le temps de la campagne électorale, l’assemblée européenne ne siégera pas. Lors de la dernière session plénière, cette semaine à Strasbourg, c’était donc le temps des adieux pour les uns, des au-revoir pour les autres. Avec une certaine émotion. Quelques larmes essuyées furtivement lors des dîners et pots d’adieux organisés par chaque groupe politique. Car toutes ces années passées ensemble ont, malgré tout, soudé les esprits. Comme l’a rappelé Hans-Gert Pöttering, le président de l’assemblée lors de son discours final : « Nous avons appris à vivre ensemble, à apprendre des uns et des autres ».

Des moments épiques

Chacun se rappelle les moments épiques de ces cinq dernières années : la censure contre le commissaire pressenti Buttiglione, les luttes autour de la directive Bolkestein, ou cette session en plein mois d’août en pleine guerre de Géorgie. Chacun sait aussi que nombreux ne seront plus là, à la prochaine rentrée, en juillet prochain. Plus de la moitié du Parlement pourrait, en effet, constitué de têtes nouvelles. C’est une vraie relève de génération qui se prépare. De nombreux députés ont décidé de ne pas se représenter, notamment ceux qui ont fait plusieurs mandats. Il en est ainsi pour le communiste français Francis Wurtz, le socialiste italien, Enrico Berlinguer, ou l’Allemand Karl Von Wogau.

Soulagé, un peu…

Le Vert Alain Lipietz s’en va également. Heureux d’avoir vécu ses années… Mais soulagé aussi de partir après 10 ans passés dans les travées européennes. « Être député européen, c’est 60-70 heures de travail par semaine. Je vais pouvoir me consacrer à autre chose ». Soulagement encore plus net pour Bernard Poignant, chef de la délégation socialiste française, pas fâché d’en terminer avec des « annus horribilis » qui ont vu les socialistes français se diviser. D’autres sont plus amers, ceux qui ont été expulsés des listes, ou mis en ballottage incertain, tel l’UMP Alain Lamassoure… Le cruel jeu de la politique. Où la prime ne va pas automatiquement au talent mais à la paillette…

Nicolas GROS-VERHEYDE
(article paru dans Ouest-France, mai 2009)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).