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Un QG européen de gestion de crises, à l’été, pourquoi pas

(B2) La Direction de gestion de crises civile et militaire de l’Union européenne pourrait voir le jour d’ici le mois de mai. Ainsi que me l’a confié un haut fonctionnaire, “tout est prêt. Il ne manque plus que la signature de Javier Solana” (nb : le Haut représentant pour la politique extérieure). Cette nouvelle direction sera composée d’environ 80 à 120 personnes et aura pour but de planifier les opérations futures (une bonne vingtaine de planificateurs ont été embauchés), d’assurer le recueil d’expériences, etc… Elle aura à sa tête un civil — la Française Claude-France Arnould est une des candidates les plus sérieuses, un Allemand est aussi candidat. Mais l’adjoint sera un militaire au rang de général. (Inutile de songer à poser candidature, la date limite est déjà dépassée ).

L’expérience est originale. Le secrétariat de l’UE a, en effet, décidé de réorganiser ses directions de gestion de crise en fusionnant civils et militaires. Il y a peu d’Etats en Europe qui ont osé mixé ainsi militaires et civils dans la même direction de crises.  Il ne s’agit pas encore du Quartier général européen de Tervuren conçu par les français belges et allemands en 2003. Mais on n’en est pas loin. Pensez seulement à ajouter à cette nouvelle direction, l’Etat-major militaire européen (situé rue de Kortenberg), l’Etat-major de crises civiles (chargée de la conduite et direction des opérations civiles, situé au Conseil), voire le Sitcen (centre de renseignements). Saupoudrez de quelques diplomates. Regroupez le tout dans un même batiment. Et vous avez là un petit Etat-major, civilo-militaire, de gestion de crises, de 300 personnes.

Prospective… Effectivement à coté des milliers de personnes de l’OTAN, ou employées dans les Etats-majors nationaux, cela peut paraître un peu ridicule. Mais, en ces temps de crise économique, les effectifs pléthoriques sont peut-être à mettre de coté et mieux vaut une petite structure qui marche à tout autre chose. D’autant que si vous continuez un peu à prospecter: reliez
cet Etat-major new look à un centre opérationnel chargée de coordonner la flotte aérienne (la Belgique est candidate avec Beauvechain), à un autre chargée de gérer les opérations maritimes (pourquoi pas Northwood de façon permanente, il sert déjà pour l’OTAN), et à un futur PC de coordination des moyens de sécurité civile (qui est encore dans les limbes de Lisbonne), et vous avez une Europe qui est en ordre de marche pour avancer un peu plus dans la politique de défense.

C’est en cela que le pari de la nouvelle direction de crises est intéressant. Ce pourrait être une des idées dont la mise en pratique permettrait au président français, Nicolas Sarkozy, de faire
taire certaines critiques : nous avons réintégré l’OTAN et maintenant nous renforçons l’Europe de la Défense… Judicieux! Encore faut-il que tous les Etats membres aient la volonté d’aller en
avant. Et alors là…

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).