L’UE approuve son concept de réaction rapide militaire

(BRUXELLES2) Après le concept de gestion de crise, l’Etat-Major militaire de l’UE continue sa révision stratégique des concepts. C’est ainsi qu’il a terminé d’élaborer le concept de réaction rapide militaire (MRRC en anglais). Document qui devrait être approuvé par le Comité de politique et de sécurité de l’UE (COPS) ce 30 avril. Ce concept (télécharger ici – en anglais) appréhende l’intervention militaire rapide dans ses trois environnements : maritime, terre, air – et détermine comment une réponse combinée peut être fournie.

Deux temps

La réaction se déroule en deux temps. Premièrement, le temps de la réaction politique – pendant lequel la crise est identifiée et pour laquelle le Conseil prend une décision de lancer l’opération. Ce qui suppose de commencer déjà la planification par avance militaire et civile pour permettre aux responsables politiques de prendre la décision. Et deuxièmement, le temps de la réponse militaire standard (60 jours) ou la réponse militaire rapide (entre 5 et 30 jours).

Dans les situations d’urgence

Il faut être capable de répondre en moins de 5 jours. Ce qui suppose d’avoir un processus de décision extrêmement réduit et de pouvoir utiliser des forces normalement tenues en alerte maximale, pour des raisons nationales. Cet objectif – inscrit dans les « Headline Goal 2010 », rappelé dans les conclusions du Conseil Affaires générales du 23 mai 2005 et dans celles du Conseil européen de décembre 2008 – change singulièrement la donne, soulignent les militaires. A priori ce délai n’est indiqué que dans le cadre de l’engagement d’un battlegroup. Mais si le Conseil choisit d’utiliser un autre moyen, le défi devient tout autre.

Cinq scénarios de réponse de crise

L’UE a identifié 5 scénarios différents de réponse à une crise :
– séparation des parties par la force (SOPF)
– stabilisation, reconstruction et conseil militaire aux pays tiers (SR)
– prévention de conflit (CP)
– opérations d’évacuation (EO)
– assistance à des opérations humanitaires (HA).

Typiquement, les trois premiers scénarios requièrent davantage une force robuste et durable capable d’atteindre les objectifs désirés qu’une réponse rapide – même si une force initiale d’entrée sur le théâtre puisse être déployée dans ce cadre. En revanche, les deux dernières situations de crise sont plus à même de requérir une réponse militaire rapide.

Trois principes sont fixés pour une réponse militaire rapide : vitesse, gamme d’intervention, concomitance ; c’est-à-dire que le planning et la génération de force doivent être conduits concomitamment.

Ne pas confondre militaire et policier

La stratégie de sécurité européenne englose certaines situations qui ne sont pas considérées dans les scénarios de réaction rapide : terrorisme, prolifération d’armes de destruction massives et crime organisé. Une réponse militaire « paraît impropre à être requise dans ce type de situations de crise » estiment les auteurs du concept, même si des équipements militaires peuvent être utilisés en soutien aux autorités civiles.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).