Le bateau de migrants, sanctuaire de pirates ?

(A DJIBOUTI) Le pirate est astucieux. On ne le dira jamais assez. Il adapte très vite son modus operandi. La dernière technique employée par les pirates et découverte par les marins d’EUNAVFOR, c’est… le bateau de migrants.

Un bateau sanctuarisé

On savait que les pirates s’abritaient parfois ou partaient à la remorque de bateaux de migrants (plus ou moins clandestins). On a la preuve désormais que les deux actions sont menées en étroite coopération, voire par les mêmes hommes. Ce qui complique d’autant la lutte contre la piraterie. Les bateaux européens, navires de guerre y compris, évitent en effet (comme la peste) les bateaux de migrants. Les assister pourrait entraîner la venue à bord. Et donc un « risque » qu’ils entrent dans un processus d’immigration ou d’asile que les pays européens veulent éviter. Que les navires soient militaires ou marchands, la sensibilité est d’ailleurs identique. De plus, les pirates à bord risquent peu d’être arrêtés. Il suffit de se délester à temps des armes et autres preuves puis de se mêler au reste des migrants pour ne pas être inquiété.

Démonstration pratique

L’attaque contre le MV Titan a démontré l’usage de cette pratique. La frégate française Floréal avait repéré une embarcation suspecte. Avec à bord des migrants (lire Le Floréal à la rescousse d’un navire grec) En fait, cette embarcation servait également de bateau mère aux pirates. Plusieurs pirates étaient même à bord (certains depuis le démarrage de la côte), et sont ensuite passés à l’attaque du porte-container MV Titan, en passant sur un petit skiff attaché au bateau. Certains restant à bord.

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).