Les navires japonais partent le 14 mars vers le Golfe


(B2)Le Japon enverra deux destroyers appartenant à la force maritime d’auto-défense pour l’opération anti-piraterie au large de la Somalie, dès le 14 mars, selon le plan dévoilé par le gouvernement dans la presse japonaise.

Protection des japonais avant tout. L’objectif de la mission est clairement défini, de façon nationale : escorter les navires marchands qui ont un lien avec le Japon, c’est-à-dire
enregistrés au Japon ou avec des personnels ou matériels japonais à bord. La mission japonaise devrait bénéficier d’un appui de la base de Djibouti mais pourrait faire escale aussi à Aden, au Yémen, et Salalah, à Oman. (NB : Une mission conjointe du ministère de la défense japonais et de la marine, dirigée par le capitaine Takanobu Minami, était partie en février faire une tournée de reconnaissance et de négociation dans les pays voisins du Golfe d’Aden.)

Deux destroyers et un ravitailleur. Le Sazanami (DD 113) et le Samidare (DD 106 classe Murasame) – tous deux dotés d’un hélicoptère – quitteront leur base de Kure (dans la préfecture d’Hiroshima) le 14 mars et arriveront dans le Golfe d’Aden dans les deux ou trois semaines suivantes. Ils bénéficieront sur place de l’assistance du navire de ravitaillement »Towada » (AOE 422) déjà présent dans l’Océan indien, dans le cadre de la coalition anti-terroriste menée par les Américains (CTF-150). Ce qui suppose d’étendre la mission de ce navire. L’opération devrait comprendre 400 personnes. Huit officiers des gardes côtes seront aussi à bord.

Cadre juridique limité. Les forces japonaises seront engagées, provisoirement, sous couvert de dispositions de la police maritime des forces d’auto-défense, qui permettent d’agir face à la menace de pirates mais imposent de strictes limites d’action. Le temps que la loi en préparation soit applicable. Cette loi autorisera, en effet, les marins japonais à ouvrir le feu sur des bateaux pirates qui, après un coup de semonce, continuent d’attaquer les bateaux civils. Mais elle ne permettra pas le droit de poursuite (imposible de pourchasser un bateau pirate qui a quitté les lieux de l’attaque ni de l’arrêter). Elle limite également l’usage des armes à certaines circonstances comme la légitime défense et les évacuations d’urgence. Cette loi prévoit des peines pour les actes de piraterie, allant d’un emprisonnement pour trois ans jusqu’à la peine de mort.

(Photo : marine Française – mat du Towada lors d’une opération de ravitaillement avec le Jean de Vienne)

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).