L’Airbus A400M n’est pas le seul en retard, le destroyer type 45 aussi

(BRUXELLES2) Le projet britannique visant à remployer les destroyers de lutte antiaérienne, de type 42, a pris l’eau. Du moins, c’est ce que témoigne un rapport du National Audit Office (NAO), la Cour des comptes britannique, sur le futur destroyer type 45. Ce programme lancé dans les années 2000 alors que le Royaume-Uni avait décidé de se retirer du programme franco-italien, a pris plus de deux années de retard, et une sérieuse hausse de budget.

Retard opérationnel

Les navires ne seront ainsi en service au plus tôt qu’entre décembre 2009 (date espérée par le Ministère) et novembre 2010, soit 36 mois de retard sur le planning prévu. Mais, selon le ministère de la Défense britannique, la pleine capacité opérationnelle des navires ne sera pas atteinte avant le milieu de la prochaine décennie. Le système anti-missiles PAAMS ne sera ainsi opérationnel à bord qu’à la mi-2011 et le système US de communications au combat « CEC » (Co-operative Engagement Capability) – qui permet de donner une claire image de l’espace et améliorer la capacité d’entreprendre des opérations notamment en étroite coalition avec les Américains – ne le sera, lui, qu’en 2014.

30% de hausse

Le dérapage financier avoisine les 30 % du budget initial. Le coût actuel est de 6,46 milliards de £ contre un budget initial de 5 milliards (+1,5 Milliards £). Selon le rapport (à télécharger ici), les problèmes proviennent d’un excès d’optimisme sur ce qui pouvait être réalisé, des accords commerciaux inappropriés et une faible gestion de projet. Le contrat a d’ailleurs été renégocié, en 2007, avec l’industriel BAE systems qui a fusionné avec VT (devenant BVT). Ce qui a permis de résoudre certains problèmes. A ce coût s’ajoute celui de l’extension des destroyers type 42 (195 millions de £), coût qui n’est pas additionnel selon le ministère britannique car la Défense aurait dû assurer des coûts opérationnels pour les nouveaux destroyers. Mais le Ministère n’arrive pas à évaluer ces coûts avec certitude, estiment les auditeurs.

Les destroyers type 45
ont plus de capacité de réponse simultanée face à une attaque de missiles et d’avions, ils peuvent opérer avec des hélicoptères Lynx, Merlin comme Chinook, disposent de moteurs plus puissants… Ils peuvent être équipés aussi du nouvel système antimissile, développé en commun avec les Italiens et les Français (PAAMS).

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).