Erreur fatale: les pirates attaquent un navire… d’Atalanta!

Crédit : Bundeswehr / Marine

(B2)Les pirates devaient être mal informés ou alors ils sont devenus si audacieux que plus rien ne leur fait peur. Dimanche dans l’après-midi (29 mars), ils s’en sont pris à un pétrolier allemand… de la flotte EUNAVFOR Atalanta (CTF 465) ! Le Spessart a, en effet, été attaqué à 85 milles au nord de Bosasso, au large de la Somalie, vers 15 heures, par sept pirates à bord d’un petit skiff. Les forces de protection de la marine embarquées ont répliqué immédiatement avec des armes légères. Les pirates n’ont pas demandé leur reste. Mais comble de malheur pour eux. Dans les parages se trouvaient pas moins de trois navires: la frégate néerlandaise De Zeven Provincien (OTAN) ; la frégate espagnole Victoria (EUNAVFOR Atalanta), et l’Uss Boxer (commandant la CTF-151). Bref, tout le monde était là…

 

Crédit : ministère néerlandais de la Défense

Un hélicoptère espagnol (**) a immédiatement été envoyé et stoppé l’avance des pirates – avec l’aide des hélicoptères américains (hélicoptère d’attaque Cobra et de soutien Huey) de l’USS Boxer. Une fois l’esquif arrêté, les pirates ont été coincés par des marines néerlandais à bord d’un pneumatique. Le navire amiral européen commandant l’opération Atalanta, le grec Psara s’est également porté sur place. Mais il n’aurait pas recueilli les pirates selon EUNAVFOR (*)…  Ils ont été « transférés » ce matin sur la frégate allemande Rheinland Pfalz (Atalanta). Une décision concernant le lieu de leur procès doit être prise.

On voit cependant mal comment l’Allemagne pourra, cette fois, décliner sa compétence. Puisqu’il y a un bateau allemand et des marins allemands qui ont été victimes directes des pirates !

(mise à jour 19 avril) Une enquête a été ouverte au Parquet de Kiel en Allemagne. Mais l’idée de livrer les pirates au Kenya n’était toujours pas exclue dans un premier temps, avant d’être abandonnée. Le Rheinland Pfalz avait de toute façon prévu de faire une étape à Monsaba (Kenya) pour raison logistique (la révision de l’hélicoptère).

(*) J’ai quelque doute sur cette version. Cela voudrait dire que, durant toute la nuit, les pirates seraient restés sous la garde de soldats sur l’eau. Mais effectivement, l’honneur (juridique) est ainsi sauf. Comme on me l’a confirmé : « Les pirates n’ont pas mis pied sur le navire mais ont été pris en charge par un officier allemand, qui était à bord du Psara« .

(**) L’hélicoptère espagnol n’a pas été suivi d’un hélicoptère néerlandais, comme mentionné dans un premier temps. En fait, l’hélicoptère espagnol a fait un réapprovisionnement sur le pont du bateau néerlandais. Ce qui a pu donner l’impression qu’un 2e hélicoptère néerlandais avait été envoyé.

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).