La Commission évolue sur la réglementation des bonus

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(B2) Peu à peu, la Commission semble prendre conscience du problème que pose le dérapage sans limite des salaires des dirigeants et des dégâts qu’il fait dans l’opinion publique en pleine crise économique. Il y a encore quelques mois, il était hors de question d’aller plus loin que la recommandation de 2004 qui vise davantage d’ailleurs à promouvoir la transparence des salaires des dirigeants dans un code de conduite facultatif. Ensuite, la Commission a reconnu réfléchir à la question. Vendreid, lors de l’habituel point de presse de midi, le porte-parole de J.M. Barroso (le président de la Commission), Johannes Laitenberger, a confirmé qu’une «initiative serait prise dans les semaines qui viennent et, en tout cas, avant les élections européennes» (début juin). L’évolution est donc lente. Mais nette. Le porte-parole a même estimé que ce pourrait être : « Un instrument juridique allant au-delà du code de conduite. (car) Ce sujet a besoin d’être encadré tant par la législation européenne que nationale ». Quant à la proposition de Nicolas Sarkozy de réglementer plus strictement les bonus dans les entreprises aidées par l’Etat, le porte-parole, après avoir tergiversé (« nous ne connaissons pas vraiment le contenu de l’initiative. (…) Les Etats-membres sont libres de leur action»), a
reconnu que «la Commission ne voyait certainement pas (cette initiative) d’un mauvais œil»… On sent bien à quel déchirement idéologique la Commission Barroso (d’essence très libérale à l’origine) en est rendue aujourd’hui.

(NGV)