Les Tchèques vont-il ratifier le Traité de Lisbonne ?

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(BRUXELLES2) Je ne partage pas le pessimisme ambiant sur la ratification éventuelle du Traité de Lisbonne par la république Tchèque – qui est développe actuellement par certains hommes politiques européens, et reprise en boucle par plusieurs confrères -.  La situation n’est pas pire à Prague qu’il y a quelques mois. Elle serait même meilleure pour le Traité de Lisbonne, pour au moins trois ou quatre raisons :

1) Un premier pas vers la ratification a été franchi jeudi (19 mars), avec le vote par Chambre des députés d’une réglementation,qui pose un verrou permettant d’empêcher le gouvernement de transférer les compétences nationales à l’Union européenne, sans accord des deux chambres du Parlement. un fait assez peu mis en évidence. Et cependant c’était une des conditions mises par l’ODS (chrétiens-démocrates) à la ratification du Traité de Lisbonne.

2) La majorité qui a renversé Topolanek – même si elle regroupe des eurosceptiques (les fidèles de Klaus et les communistes) – est très majoritairement en faveur du Traité de Lisbonne (Verts dissidents et les socio-démocrates du CSSD). C’est une condition mise par le CSSD à son soutien au gouvernement transitoire.

3) Le Traité sur le radar ABM a été enlevé de l’ordre du jour par le gouvernement Topolanek – craignant un refus complet sur la base de la même majorité qui l’a finalement renversé d’ailleurs (certains ODS proches de Klaus étant absents ou malades apparemment, même eux).

4) Enfin, il y a un élément plus psychologique, dont l’effet est difficile à apprécier. Les Tchèques auront besoin de redorer leur image internationale, leur blason européen, pour au moins avoir un actif positif à l’issue de la présidence de l’UE. A défaut de cela, le dernier Sommet européen présidé par les Tchèques, en juin, qui devait faire le bilan de la ratification du Traité de Lisbonne, pourrait laisser l’impression d’un échec et d’une des pires présidences que l’UE ait pu avoir depuis des années et, surtout, sur l’incapacité des Tchèques à pouvoir prétendre à des postes de responsabilité internationale.

La situation n’est donc pas pire à Prague qu’il y a deux mois. Elle serait même meilleure.Il y a peut-être donc une chance que ce Traité soit voté plus vite que prévu.

(Nicolas Gros-Verheyde)