Les missions militaires extérieures tchèques sauvées

(B2) Ouf. La ministre de la Défense tchèque, Parkanova, doit souffler. Elle n’aura pas l’humiliation de devoir rapatrier  les centaines de soldats tchèques envoyés en opération extérieure (Opex), notamment en Afghanistan et au Kosovo, selon un nouveau format sensiblement identique à celui proposé au début (lire ici). A Prague, à la Chambre des députés, ce mercredi soir, la coalition au pouvoir (conservateurs de l’ODS, verts et chrétiens démocrates) a réussi à obtenir un vote favorable en grapillant les voix nécessaires pour la majorité. Quatre députés socio-démocrates (opposition) ont ainsi apporté leurs voix. Le parti social-démocrate avait laissé une certaine liberté de vote (un geste d’apaisement).

A noter que les régions dirigées par les Socio-démocrates ont finalement décidé de prendre en charge la taxe de régulation que voulait imposer le gouvernement aux patients. Une manoeuvre qui consiste à vider de tout sens la réforme puisque la taxe est, de fait supprimée. Quel est le rapport avec les OPEX militaires me direz-vous. Aucun : du moins officiellement – en fait les Socio-Démocrates avaient lié un vote possible sur les missions à la suppression de la loi instituant la taxe. Faute de l’obtenir, on a trouvé une solution, qui contente en fait un peu tout le monde. Quant au bouclier anti-missile, autre point de discussion, il semble bien prêt de recevoir un Scud dénommé Obama qui pourrait le bétonner pour quelques mois… au moins (lire ici). Dans ce théâtre politique de la scène tchèque, il restera donc à approuver le Traité de Lisbonne (les députés ont, à nouveau aujourd’hui, repoussé la suite du débat au 17 février).

Finalement, la politique tchèque
a quelque chose de charmant : ce sens de la dramaturgie : une montée en puissance, de façon surprenante, sur un sujet apparemment sans problème qu’on lie à un deuxième puis un troisième. La situation semble totalement bloquée. Et puis tout d’un coup, patatras, en douce, la solution. Où les portes claquées en force n’ont d’égale que le théâtre d’ombre…

 (NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).