Sérieux doute polonais sur la réalisation du bouclier anti-missile


(B2)On ne peut pas dire que les Polonais soient follement optimistes sur la réalisation du bouclier anti-missiles américain avec la nouvelle administration américaine Obama. Le ministre des Affaires étrangères polonais, Radoslaw Sikorski, a exprimé clairement ses doutes dans une interview à un confrère du quotidien Dziennik.

«C’est un projet américain. Notre gouvernement a signé un accord à ce sujet, mais nous n’étions pas fanatiquement partisans de cet accord. Bien entendu, après l’avoir signé, nous préférerions que cet accord soit mis en œuvre, mais la Pologne ne devrait pas jouer le rôle d’un pays qui y tient plus que l’auteur du projet lui-même.»

 

Il explique d’ailleurs que tout n’est pas fini : «En fait, les négociations ne sont pas closes. Les discussions concernant les accords accessoires vont encore durer plusieurs mois. Je pense
que nous pouvons travailler tranquillement jusqu’à ce que la nouvelle administration prenne une décision définitive.»

 

Quant aux chances de voir aboutir ce projet, le Ministre — dont le nom a été cité par deux journaux anglo saxons (International Herald Tribune, The Economist) comme un possible candidat au secrétariat général de l’Otan (1) —, refuse d’en pronostiquer la réalisation (le journaliste lui demandait “Plus de 50% de chances ?”) : « Qui vivra verra. Pour nous, l’essentiel est de réaliser les clauses de la déclaration politique qui accompagne l’accord sur le bouclier anti-missiles, elle nous est en effet à l’évidence favorable.»

(NGV)

(1) avec le danois Rasmussen, la française Alliot-Marie ou la norvégienne Strom-Erichsen.

 

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).