Sarkozy au Liban : « L’Europe doit ajouter, non retrancher »


(B2)Venu présenter ses voeux aux armées au Liban, au milieu des soldats français engagés dans la FINUL, au camp de At Tiri, le président français, Nicolas Sarkozy, a réitéré son engagement européen :«La France n’est pas seule, n’agit pas seule. Les défis actuels appellent une réponse de plus en plus collective et de mieux en mieux coordonnée. Pour cela, il nous faut une Europe forte, unie, qui prenne toutes ses responsabilités.» Inutile de chercher très loin (chez les Tchèques par exemple ?) pour savoir qui est visé dans cet énoncé… Le chef de l’Etat a aussi été très clair sur l’avenir de la Politique européenne de défense : pour réévaluer certains projets de coopération industrielle et la participation française dans certaines opérations extérieures, pour mieux faire coopérer l’UE et l’Otan, le retrait de certaines opérations extérieures.

Evaluer les projets industriels. « L’Europe doit ajouter et non retrancher. Je ne veux plus de programmes européens dont l’objectif principal pour certains participants, moins de répondre aux besoins en capacité opérationnelle aux armées que d’acquérir des capacités industrielles et technologiques par ailleurs insuffisamment maitrisées. (…) Il s’agit de mieux partager le fardeau, avec un seul souci : la recherche d’un meilleur coût – efficacité. Les programmes européens doivent veiller à donner les meilleurs résultats et, non, comme par le passé, à favoriser la préservation de pôles de compétence selon une logique du juste retour qui donne toujours le même résultat : l’accumulation des retards. »

Toute participation française à des opérations extérieures doit être stoppée. « Je veux être certain que chaque soldat engagé en opération extérieur l’est bien conformément aux intérêts de notre pays. Je me dois de faire revenir à la maison nos soldats en opération extérieure, si leur présence ne correspond pas à nos intérêts stratégiques. (…) La nature et volume contribution procurent le levier nécessaire diplomatique et militaire escompté pour apporter une solution à la résolution rapide d’une crise. » La Bosnie, le Kosovo mais aussi la Côte d’Ivoire seraient dans le collimateur du ministère de la Défense.

L’Otan et Europe de la défense, complémentaires. «Avec nos partenaires européens, nous partageons une même vision de la nécessaire complémentarité entre l’Europe de la défense et l’Otan. Il est absurde de les opposer. Nous avons besoin des deux et les deux seront d’autant plus fortes que la France y participera pleinement. L’Alliance atlantique, c’est l’Alliance entre l’Europe et les Etats-Unis mais aussi alliance des Européens entre eux.»

(NGV)

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(photo : ministère de la Défense)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).