Les Tchèques pas d’accord encore sur leurs missions extérieures


D’importantes tractations se nouent entre le
gouvernement tchèque et son opposition sociale-démocrate, pour tenter d’arriver à un accord sur la participation de l’armée Tchèque aux opérations multinationales de l’Otan, de l’UE comme de
l’Onu (voir précédent post). Le gouvernement libéral qui avait prévu de discuter de la question a repoussé le débat d’une
semaine. Le Premier ministre, Topolanek, la ministre de la Défense, Parkanova et le chef d’Etat-major, Picek, doivent en discuter avec le chef de l’opposition, Jiri Paroubek ces jours-ci.

Un projet de compromis a été mis sur la table limitant le nombre de soldats en Afghanistan, à 450 pour le premier semestre 2009 et 480 pour le second semestre (contre 645 dans le
projet originel, soit quasiment pas d’augmentation), 100 hommes restant également dans le cadre de l’opération « Enduring freedom » sous commandement américain. La participation à la mission de
l’Otan en Irak (5 instructeurs dédiés à l’entraînement de l’armée irakienne) serait stoppée. En revanche, l’engagement au Kosovo serait maintenu intégralement : 430 hommes de l’unité
d’infanterie mécanisée pourraient ainsi poursuivre leur mission dans le cadre de l’Unité multinationale Centre (aux cotés des éléments de Finlande, Irlande, Suède, Lettonie et Slovaquie),
avec une compagnie de 120 hommes en renfort (en République tchèque). Idem pour les autres missions (voir  ci-dessous). Ces missions extérieures couteraient au budget tchèque 2,28
milliards de couronnes (environ 80 millions d’euros).

L’opposition sociale-démocrate semble vouloir encore quelques concessions, ou des contreparties sur d’autres sujets comme : l’accord de gentleman agreement sur la présidence européenne
(toujours en discussion), le bouclier anti-missiles ou le Traité de Lisbonne. Mais un accord semble désormais à portée de main. Ce qui éviterait au gouvernement – mais aussi à la République
tchèque une gifle internationale : devoir rapatrier ses troupes au 1er mars (pour les deux premiers mois de l’année, le gouvernement a fait passer par décret, comme l’y autorise la
Constitution, une prolongation de deux mois).

Les autres missions de la République tchèque prévues en 2009  :
– trois officiers dans les deux Etats-majors (OHQ et FHQ) de l’Eufor Tchad RCA (jusqu’à mars 2009)
– surveillance de l’espace aérien des pays Baltes (mission de l’Otan) de mai à août 2009, avec 4 avions de chasse Jas-39 Gripen et 75 hommes basés à Šiaulai (en Lituanie).
– mise en alerte d’une unité NRBC (nucléaire, radiobactériologique, chimique) pour la force de réaction rapide (NRF) de l’Otan, au premier semestre 2009.
– mise en alerte de 1800 hommes dans le cadre du Battle groupe de l’UE (avec la Slovaquie) au deuxième semestre 2009, .
– nouvelle participation à la Force multinationale des observateurs (MFO) chargée de surveiller les accords de Camp David entre l’Egypte-Israel dans le Sinai et continuation des autres
missions de l’ONU (MONUC – congo, MONUG – géorgie – UNMIL – Liberia).

(Photo : armée tchèque, participation à la Kfor au Kosovo)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).