La frégate espagnole prend la mer vers le Golfe d’Aden

(BRUXELLES2) Après l’accord du Parlement obtenu cette semaine, et la décision finale du gouvernement espagnol, vendredi, la frégate espagnole, Victoria (F-82), a appareillé de la base navale de la Rota (près de Cadiz), pour rejoindre l’opération européenne de lutte contre la piraterie, EUNAVFOR Atalanta.

Sous le commandement du Cap. Fernando Poole Quintana, le Victoria est un navire de la classe Santa Maria. Composé de 196 personnes, il est équipé de deux hélicoptères SH-60B “Seahawk” de la 10e escadre aéronavale de la Marine, de canons de 76 mm et de missiles mer-mer. A bord également une équipe d’une quinzaine d’hommes de commandos marine, de la 2e Brigade d’infanterie de marine (BRIMAR), appartenant à la troisième armée, basée à San Fernando (Cadix). En tout, 210 hommes, dont 40 femmes, précise le QG de la marine espagnole, et des personnels originaires d’Amérique latine (Colombie, Equateur, Pérou, Mexique) et de Guinée.

Première rotation

La frégate viendra renforcer les équipes espagnoles dans la zone : l’avion de surveillance maritime P-3 Orion et ses 70 hommes (qui a constitué, dès le début, l’embryon de l’opération européenne d’un accord bilatéral avec le commandement français Alindien). Jusqu’à présent, cet avion a effectué – selon un premier bilan réalisé par les armées espagnoles – 70 départs et près de 560 heures de vol, pour la localisation et le suivi des navires suspectés de pirates : beaucoup de fausses alertes mais aussi de réelles menaces sur des navires espagnols comme d’autres nationalités. En tout ainsi, pour la première rotation (jusqu’à mi-avril), l’Espagne devrait avoir, selon la Ministre, 277 hommes engagés (dont 11 hommes servant en plus dans l’Etat-major de force et d’opération).

Deuxième rotation

L’effectif devrait monter à 395 hommes au maximum au cours de la deuxième rotation (mi-avril à mi-août). A ce moment, l’Espagne aura le commandement de force, et devrait fournir en plus, un navire de ravitaillement logistique avec hélicoptère et équipe de commandos, soit 118 hommes.

Données économiques

Le coût de l’opération, pour l’Espagne, oscille entre 3,7 et 5,1 millions d’euros par mois, selon la période de rotation. Devant le Congrès (le Parlement), la ministre espagnole de la Défense, la charmante Carmen Chacon, a confirmé combien cette mission était “vitale pour la défense des intérêts géostratégiques économique et de l’Espagne” et “servira à assurer la sécurité de notre industrie de la pêche.”

(photo : armada espagnole)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).