(exclusif) Les conclusions (PESD) du Sommet européen du 11-12 déc.

(B2) Selon le premier texte des conclusions que j’ai pu consulter, le Sommet de la fin de présidence française, qui réunira les 27 chefs d’État ou de gouvernement, les 11 et 12 décembre à Bruxelles, devrait approuver une déclaration sur le « renforcement de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) » qui approuve plusieurs décisions. Certaines ont déjà été débattues et approuvées au Conseil des ministres de la défense, le 10 novembre. Il s’agit alors plutôt d’une consécration, d’une « imprimatur » officielle (capacités ou Erasmus militaire). D’autres concluent des travaux plus récents, comme la révision de la stratégie de sécurité (qu’aura avalisée entretemps les ministres des Affaires étrangères le 8 décembre), le objectifs chiffrés pour la PESD ou le renforcement de la planification stratégique et méritent donc qu’on s’y attarde davantage (surtout ce dernier point).

1. La doctrine : la Stratégie de sécurité

La première stratégie date de 2003, et donnait une « analyse partagée des menaces et des risques qui pèsent sur les intérêts de sécurité communs aux Européens ». Cette stratégie reste valable – les menaces identifiées en 2003 « persistent » diront les 27 — mais elle nécessite d’être mise à jour — avec « l’émergence de nouveaux risques susceptibles de menacer, directement ou indirectement, la sécurité de l’UE », en particulier la sécurité énergétique.

2. Les capacités : à renforcer

Il faut « remédier à l’insuffisance des moyens disponibles en Europe en améliorant progressivement les capacités civiles et militaires » diront les 27. C’est la condition pour être « assumer de manière crédible et efficace leurs responsabilités dans le cadre du partenariat transatlantique ». Dans une déclaration, les 27 fixent ainsi des objectifs chiffrés à atteindre en matière de capacités pour mener les opérations (ce qui est nouveau, et réactualise en fait les objectifs fixés à Helsinki en 1999). Ils confirment également le lancement de projets concrets (qui avaient été déjà avalisés au Conseil des ministres de la défense le 10 novembre).

3. La base industrielle : à restructurer

Les 27 devraient appeler à un « renforcement des mécanismes de gouvernance d’entreprise, une dynamisation du marché européen de l’armement et un effort accru de recherche et de technologie »

4. La formation : lancement d’Erasmus militaire

Le Conseil européen appuie « initiative, inspirée du programme Erasmus, afin de favoriser les échanges de jeunes officiers européens ».

5. La planification des opérations : renforcée

Le Conseil soutient la décision de créer une structure unique de planification stratégique civilo-militaire pour les opérations et missions de la PESD.

6. Coopération UE-Otan : améliorée

« Un groupe à haut niveau UE-OTAN » va être établi afin « d’améliorer de façon pragmatique la coopération entre les deux organisations sur le terrain ». Il souligne la nécessité d’associer pleinement à la PESD les alliés européens non membres de l’UE

7. La sécurité internationale : des actions concrètes.

Dans une déclaration, les 27 devraient décider « d’actions concrètes pour permettre à l’UE de jouer un rôle plus actif dans la lutte contre le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive, la criminalité organisée et les attaques cybernétiques ».

 (NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).