Une « bavure » indienne au large de la Somalie?

Crédit photo : Indian Navy

(B2)On se rappelle que la marine indienne avait proclamé avoir tiré et coulé, le 18 novembre, un « bateau mère » pirate qui avait eu des « gestes hostiles ». D’après la presse indienne, cette version ne serait pas tout à fait exacte.

Le bateau coulé serait en fait un bateau de pêche thaïlandais, selon le propriétaire du « Ekawat Nava 5 », Wicharn Sirichaiekawat, qui s’exprimait sur une chaîne d’information. « Ce n’était pas un navire-mère de pirates. Mais un bateau détourné le matin même par les pirates, qui voulaient le conduire en Somalie ». « Sur les 16 membres de l’équipage, un a survécu, un est mort, et 14 personnes sont disparues ». Le membre survivant a dérivé durant six jours avant d’être recueilli par un navire et hospitalisé au Yémen. Cette version doit désormais être vérifiée.

La marine indienne maintient en tout cas sa version « Lorsque le Tabar a exigé son arrêt pour inspection, les pirates ont menacé de détruire le navire indien. Des pirates ont été vus sur le pont supérieur de ce navire avec des fusils et des lance-roquettes. Il a menacé de tirer sur INS Tabar », dit le ministère. La frégate indienne a alors riposté, mettant le feu au bateau, « des explosions à bord ont été entendues« .

Si cette version doit être prise en compte, on peut tout de même s’interroger pourquoi le navire de guerre indien n’a pas vérifié qu’il y avait des survivants à bord – qui pouvaient être repêchés ou sauvés -. Dans ce cas il s’agirait d’une violation du droit de la mer, avec non-assistance à personne en danger

En tout cas, elle illustre toute la difficulté à laquelle vont être confrontés les navires de l’opération Eunavfor Atalanta. Comment agir avec célérité et sécurité pour les équipages, tout en faisant preuve de discernement et de proportionnalité dans la réponse donnée ? Que faire pour « neutraliser » des pirates sans aller jusqu’au sort le plus mortel ? L’action  la plus « radicale » n’est pas automatiquement la plus efficace…

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

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