Sarkozy répond Oui à la proposition de Medvedev d’un pacte de sécurité

(B2) On s’est beaucoup intéressé vendredi, lors du sommet de l’Union européenne avec la Russie, aux propos de Nicolas Sarkozy sur les anti-missiles.

« On peut continuer entre l’Europe et la Russie à se menacer de boucliers, de missiles, etc. Cela n’amènera rien à la Russie, cela n’amènera rien à la Géorgie et cela n’amènera rien à l’Europe. Ce n’est pas notre conception des choses. Je suis tout à fait prêt à rendre des comptes là-dessus. Il me semble d’ailleurs être soutenu par l’immense majorité des États européens » a-t-il précisé notamment.

Cela a provoqué une réaction à Prague, plus discrète à Varsovie. Mais ce n’était pas nouveau. Déjà en juillet, lors d’une conférence de presse au Parlement européen, Sarkozy avait regretté le cavalier seul des deux pays de l’est et expliqué qu’au minimum une discussion collective devait avoir lieu (lire : Bouclier antimissile US, une question européenne dit Sarkozy).

A cette occasion, il avait dit être intéressé par la proposition du président russe, Dmitri Medvedev d’un Pacte de sécurité. Cette fois-ci, il a été plus loin. Le Français a proposé d’en discuter, ensemble, lors d’un sommet qui aurait lieu en juin ou juillet. En attendant, il faudra geler tout projet « de déploiement de bouclier, de missiles qui n’amène rien à la sécurité, qui complique les choses, qui les font plutôt reculer ».

« En tant que Président du Conseil européen, je propose qu’à la mi-2009, nous nous réunissions dans un cadre qui pourrait être l’OSCE pour poser les bases de ce que pourrait être la future sécurité européenne. Nous avons tous intérêt à cette sécurité sur le continent et un peu plus loin que le continent car ceci associerait les Russes, les Américains et les Européens, dans le cadre de l’OSCE à la mi-2009. […] Il va de soi que c’est une proposition pour laquelle nous nous concerterons avec nos alliés américains. Il se trouve qu’il y aura un sommet de l’OTAN en avril, que ce sommet de l’OTAN se tiendra à Kehl et à Strasbourg, que ce sera une parfaite occasion pour préparer ce qui pourrait être un sommet de l’OSCE sur ces questions-là, par exemple en juin ou en juillet ».

Ce à quoi Medvedev a répondu : « Les négociations de cette période ont démontré que les mécanismes de sécurité en Europe ne sont pas parfaits. Voilà pourquoi nous sommes revenus à cette idée de Traité global. Je vois que cette idée commence à plaire à un nombre croissant d’élus de l’Union européenne. En ce qui concerne la participation de toutes les parties à cet espace paneuropéen de sécurité, ce serait le principe de travail pour l’avenir, des règles pour l’avenir. […] Il faut que l’OTAN et l’Union européenne, la CEI et les autres organisations puissent se réunir et discuter de toutes ces questions. Dans ce contexte, je suis absolument d’accord avec le fait qu’avant la signature d’un accord spécial global sur la sécurité, nous devons nous abstenir tous de mesures unilatérales qui influenceraient cette sécurité. La Russie n’a jamais pris des décisions unilatérales. Toutes les décisions que nous avons préparées, y compris les décisions dont je parlais récemment, c’est la réaction sur les mesures de quelques États européens qui, sans consulter personne, se sont mis d’accord pour déployer des moyens dans leur territoire. Mais si vous êtes prêts à coopérer, alors il faut le faire. Et l’Union européenne peut jouer un rôle coordinateur très constructif. »

(NGV)

(Photo : Ministère des affaires étrangères © MAEE / F. de la Mure)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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