La future mission d’observation en Géorgie recrute

(B2) Les premiers recrutements de la future mission de l’UE en Géorgie ont commencé. Le premier appel concernant le recrutement de 11 personnes – expert national détaché ou contractuel – s’est clos (normalement) le 8 septembre. Il s’agit tout d’abord de pourvoir le noyau dur de gestion de la mission : chef du staff, conseillers politiques, expert de l’administration et des finances,  de la logistique, des marchés publics, de la sécurité, des systèmes d’information…  (télécharger ici) . Tous devant parler russe ou/et géorgien. Et avec une disponibilité très rapide : au 15 septembre. Vu l’urgence du recrutement et le fait que d’autres recrutements devraient suivre rapidement, les intéressés peuvent toujours déposer leur candidature. Attention ! Les conditions sont assez strictes (voir le texte du premier appel ou la page emploi de la mission Géorgie).

Le Conseil des ministres des Affaires étrangères doit, en effet, approuver, le 15 septembre, l’Action commune pour l’envoi d’une mission d’observation en Géorgie, et le projet de Concept d’opération. Le schéma d’approbation des différents documents (concept d’opération, plan d’opération…) a été singulièrement accéléré afin de pouvoir remplir l’objectif désigné par les politiques : déployer la mission, rapidement, au 1er octobre, et pouvoir ainsi prendre le relais des troupes russes dans la zone de sécurité (buffer zone). Si cet objectif est tenu, ce sera une opération conçue en un temps record : un mois et demi entre la première réunion de crise – le 13 août – en pleine guerre et le déploiement sur le terrain. Ce qui est le signe d’une certaine maturité du système de gestion de crise civile de l’UE.

La mission pourrait comprendre environ 200 personnes. Ce chiffre pourrait éventuellement être revu, si la mission d’observation de l’OSCE peine à atteindre le chiffre de 100 observateurs. Le chef de mission devrait aussi être désigné le 15 septembre. Javier Solana a reçu plusieurs candidatures d’Etats membres.

La mission serait basée juridiquement sur une lettre d’invitation de la Géorgie. Elle aurait vocation à s’étendre à toute la Géorgie ou, du moins essayé de s’étendre, car la présence en Ossétie du Sud ou en Abkhazie est compliquée. C’est très “difficile” avec la Russie, m’a confié un des Ministres des Affaires étrangères présents lors du gymnich à Avignon. Cela ne pourra se faire qu’avec l’accord des Russes voire, ce qui est encore plus compliqué, avec l’accord des autorités de facto de ces deux régions sécessionnistes de la Géorgie. Or l’UE ne veut pas traiter officiellement avec ces autorités.

Les 27 doivent aussi désigner le Haut représentant spécial pour la Géorgie. Plusieurs profis ont été mis au point pour ce personnage qui aura un rôle clé : 1ère option = un Haut représentant classique (diplomate de haut rang au rôle souvent discret) ; 2e option = un personnage de très haut niveau, “ancien Premier ministre” ou un vieux routier de l’international type “Joshka Fischer” ou “Kofi Annan”, “capable de négocier directement avec les parties au conflit” comme l’a proposé notamment la Finlande ; 3e option = un Haut représentant coordonnateur technique de la mission qui serait placée politiquement sous l’autorité du représentant spécial actuel pour le Caucase, Peter Semneby.

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

Une réflexion sur “La future mission d’observation en Géorgie recrute

  • 9 septembre 2008 à 02:57
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    Bonsoir !
    Croyez-vous vraiment que l’EUROPE de la DEFENSE soit en marche ?
    Grand doute avec notre intégration dans l’OTAN !
    Je souhaite me tromper !

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