Dumping social: le plombier vietnamien ou chinois débarque à l’Est!

(B2) Les pays d’Europe de l’Est commencent sérieusement à souffrir du manque de main d’œuvre dans certains secteurs, notamment le bâtiment. La Pologne, la république tchèque, et même la Roumanie ou la Bulgarie vont devoir se résoudre à faire appel à de la main d’œuvre immigrée venant de l’extrême Est…

La rappel au pays des ouvriers polonais

Déjà à l’été dernier, j’étais à Londres à l’époque, et une connaissance me détaillait comment ses collègues faisaient le tour des chantiers britanniques pour rappeler au pays les différents ouvriers polonais, en leur promettant grosso modo, nombre d’avantages qu’ils avaient – outre-Manche – (environ 2/3 du salaire) – sans les inconvénients – la vie chère, le mal du pays… Et, pour tout dire, certains se laissaient convaincre. Mais maintenant il y a urgence.

Des craintes dans les pays de l’Est contre cette main d’œuvre venue d’outre-mer

En Pologne, d’ailleurs, on peut noter une certaine irritation dans la société, contre cette venue et cette concurrence déloyale, alors que la question des salaires – trop bas – est une question sensible qui suscite régulièrement le mécontentement. « 500.000 salariés asiatiques pourraient venir en Pologne au cours des trois prochaines années », titrait durant l’été Polska sonnant l’alarme contre une nouvelle « vague orientale ». « Une société polonaise du bâtiment fait travailler pour un salaire de misère des Chinois détenus dans un régime de semi-liberté », rapportaient les journalistes de Gazeta Wyborcza (libéral de gauche). « Une agence de travail polono-chinoise, propose aux employeurs polonais des ouvriers (chinois) qui peuvent travailler 14 heures par jour, 6 jours par semaine et se contentent d’un repas par jour » s’alarmait Rzeczpospolita (libéral de droite)

En Bulgarie, on a appris que la compagnie « Orgachim » de Roussé a engagé 27 ouvriers vietnamiens du bâtiment. D’ici la fin de l’année, leur nombre devrait atteindre 60. Les ressortissants vietnamiens arrivent avec un contrat de travail d’un an qui pourrait être prolongé d’autant. Ils devraient 450 leva par mois (229 euros), soit le double environ du salaire minimum (220 leva).

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).