Jacques Barrot prend du galon

Jacques Barrot dans son bureau © NGV / B2
Jacques Barrot dans son bureau © NGV / B2

(B2) Après près de quatre ans de bons et loyaux services en charge des Transports, le Français Jacques Barrot, change aujourd’hui de portefeuille à la Commission européenne. Il sera en charge de la Justice et de l’Intérieur. L’italien Franco Frattini, en charge de ces questions, est en effet rentré au pays pour occuper le poste de Ministre des affaires étrangères du nouveau gouvernement Berlusconi. Et le président de la Commission, José-Manuel Barroso, a préféré confier ce dossier, politiquement sensible, au Français, plus expérimenté, qu’au nouveau venu, Antonio Tajani, jusqu’ici chef de groupe de Forza italia au Parlement européen. A l’approche de la présidence française, ce changement n’est pas non plus anodin. Ce sera ainsi un commissaire français qui aura à charge de mener à bien le fameux « pacte de l’immigration », une des priorités de Nicolas Sarkozy pour la présidence de l’Union européenne, au second semestre 2008.

Le commissaire Barrot a, bien sûr, un peu de pincements au cœur à quitter « son » dossier Transports. Critiqué à ses débuts par certains pour son côté franchouillard – il parlait peu l’anglais à son arrivée – ou son âge – il est le vétéran de la Commission -, il n’a pas à rougir de son bilan. Il a ainsi réussi à faire passer sans trop de heurt des sujets difficiles, comme la libéralisation ferroviaire, l’accord de ciel ouvert avec les Etats unis ou la mise sur orbite de Galileo (le GPS européen…). A son actif, également, certaines avancées pour les citoyens, comme les droits des passagers aériens ou la sécurité routière. Dans ses nouvelles fonctions où les traditions des 27 Etats membres sont fort différentes, avec des dossiers aussi délicats que la lutte anti-terrorisme, la protection de la vie privée, la lutte contre le racisme, la création d’un droit de la famille européen, le doigté politique de l’ancien leader du CDS, passé à l’UMP, sera bien utile. Seul regret, il n’occupera ce poste que pour un an et demi. Le mandat de cette Commission européenne se termine, en effet, en novembre 2009.

Nicolas GROS-VERHEYDE.

Paru dans Ouest-France, mai 2008

(*) Nouvelle compétence de l’Union européenne, depuis le Traité d’Amsterdam en 1997, le secteur de la justice et des affaires intérieures est en plein développement.