Galileo: le dernier satellite test lancé

(BRUXELLES2 à Fucino – Italie) Lancé sur le cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan), le dernier satellite test pour le GPS européen – Galileo – a surtout été piloté au centre de Fucino (Italie) par l’Agence spatiale européenne, depuis une petite salle aux allures ordinaires, avec téléphone et écran de contrôle.

 Malgré la distance, l’allumage de la fusée a quelque chose d’extraordinaire. Et pour être dans la salle de visionnage avec tous ceux qui ont participé à la mise en place de Galileo — les opérateurs comme l’Agence spatiale européenne ou Arianespace, les industriels comme Thales ou Astrium, les responsables politiques, comme la rapportrice du Parlement européen, Etelka Barsi Pataky ou le commissaire européen aux Transports, Jacques Barrot —, on retrouve incontestablement nos souvenirs d’enfants, quand la fusée s’allume, que le décompte ne laisse finalement que d’ultimes secondes — 5-4-3-2-1…  Au décollage, immédiatement, on ne perçoit qu’une boule de feu et une trace comme une apocalypse finale. Il faut un moment, qui parait durer longtemps, mais n’est en fait qu’une fraction de seconde, pour saisir que « non la fusée n’a pas explosé ». Et qu’elle a tout simplement décollé… Il est 0h16.

Pour revenir sur terre, ce lancement — après l’acceptation par les Etats membres et le Parlement  européen d’un financement public (= 3,4 milliards d’euros) pour la mise en place des 30 satellites —, signe le démarrage de l’Europe spatiale. La réussite de ce « test technique permet à l’Europe spatiale de franchir un pas » comme l’a déclaré le commissaire Barrot.

Il ne faut pas s’y tromper ! Au delà des aspects techniques, des enjeux industriels et des déclarations politiques, il y a pour l’Europe un véritable intérêt stratégique : l’Europe gagne ainsi son indépendance pour le futur. Etre en mesure de maitriser toute la chaine : du lancement du satellite à la reconnaissance finale du signal, éventuellement utilisable sur le terrain, par les militaires.

 (Nicolas gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

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