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L’UE se prépare pour ramener un peu de stabilité à Alisia…

(BRUXELLES2) Peut-être ne l’as-t-on pas vu ? Mais depuis quelques jours, depuis le 24 novembre très exactement les diplomates, les militaires préparent l’opération Alisia. Le COPS a tenu plusieurs réunions sur le sujet, dès le 24 novembre ainsi que le comité de gestion de crises. L’Etat major militaire et l’Etat major civil (CPCC), le Quartier général opérationnel (OHQ) du Mont-Valérien, en France ainsi que le centre satellitaire de l’UE à Torrejon (Espagne) sont mobilisés…

Après une période d’agitation, “Alisia” s’est dotée d’un gouvernement transitoire, et d’une constitution, et la présence internationale de l’Onu (UNOA) s’est largement réduite, passant d’un contingent de plus de 5000 hommes à un effectif de 200 observateurs. Mais les tensions persistent notamment la province nord-ouest du pays, à Bilisi, et dans la capitale. La découverte de nouveaux gisements de diamants en avril 2008 aiguise les appétits instables. L’instabilité règne à nouveau. De nombreuses personnes fuient et se réfugient dans des camps. Les mouvements rebelles recrutent. Des enfants soldats sont aperçus. La police locale – composée en majorité d’Havas – est accusée de parti pris et de discriminations contre les Silas (originaires de Rhodenie). L’UE qui a une présence dans le pays, avec une mission de police et d’aide à la réforme de la justice, ainsi qu’un engagement financier pour la stabilisation, est appelée à la rescousse par les Nations-Unies, pour déployer une force militaire (Eufor). Une résolution est votée au conseil de sécurité autorisant le recours à la force. etc…

Ne cherchez pas… où cela peut être. Et toute ressemblance avec une situation existante (au Congo proche du Rwanda, par exemple, avec Tutsis et Hutus…) est tout à fait fortuite ! Mais alors tout à fait…

Il ne s’agit, en fait, que d’un exercice d’Etat-Major, de planification opérationnelle (sans déploiement donc de troupes). Plus précisément, l’exercice de gestion de crises, qui se déroule chaque année, et est dénommé CME 08 (pour crisis management exercise). Le scénario, cette année, consistait à entreprendre pour la première fois en parallèle la planification opérationnelle d’une opération militaire et d’une mission PESD civile reconfigurée menées sur le même théâtre.

L’objectif est de tester le dispositif actuel scénario, avec suffisamment d’éléments de contexte pour être réel, et de vérifier la capacité de  l’UE à mener une opération type nécessitant le déploiement de toute la gamme d’instruments de l’UE, militaires et civils, y compris communautaires (une force militaire, une mission de police avec éléments d’état de droit, etc).

NB : Cet exercice était prévu pour se tenir fin septembre, début octobre, mais une “certaine crise en Géorgie” a occupé toutes les forces de gestion de crise de l’UE. Et il a été décidé de le reporter. Le premier exercice de gestion de crise (CME 02) dans le cadre de la PESD s’est déroulé en mai 2002. En novembre 2003, l’UE et l’OTAN ont procédé à un exercice conjoint de gestion de crise (CME/CMX 03). En mai 2004, l’exercice CME 04 s’est concentré sur la manière dont l’UE gère les crises en recourant à la fois à des instruments civils et militaires, y compris leur coordination, sur la base d’un scénario envisageant une opération autonome dirigée par l’UE, sans recours aux moyens et aux capacités de l’OTAN. Le premier exercice militaire (“MILEX 05”) a été mené en novembre 2005; le deuxième, “MILEX 07”, comprenant la première activation du Centre d’opérations de l’UE, s’est déroulé en juin 2007 et le troisième exercice, “MILEX 08”, a eu lieu en juin 2008 (pour tester le centre opérationnel de Rome).

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).