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John Monks défend sa vision de la flexicurité opposée à celle du Baron Seillère (patronat)

(archives B2) Dans une interview parue dans Europolitique, ce 6 novembre, John Monks – le leader de la Confédération européenne des syndicats (CES) – défend sa vision de la flexicurité. “Pour nous, la flexicurité ce n’est pas enlever des droits existants, c’est ajouter de nouvelles sécurités. Ce n’est pas comme certains membres de la Commission européenne le suggèrent parfois, ne plus avoir de protection de l’emploi. Les employeurs voudraient une flexicurité à la carte, sans en payer le prix. Mais la flexicurité est un tout, un package, où il y a égalité des avantages” dit-il.

Il part aussi en guerre contre l’idée d’un moratoire social – “Quand BusinessEurope défend l’idée d’un moratoire sur les lois sociales en Europe et qu’Ernest-Antoine Seillère (son patron) dit qu’il n’y a pas besoin de nouvelle réglementation, ils ont totalement tort. On doit agir sur les travailleurs précaires, les travailleurs au “contrat 0 heures”… Nous avons, là, une divergence de fond.”  – … et contre certains préjugés idéologiques du patronat et de la Commission européenne : “Le Job pour la vie a encore un certain avenir, – dit John Monks. Prenez les enseignants, les infirmières, les médecins… Il faut beaucoup d’effort en formation et d’années pour devenir un bon professionnel.”

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).