Négociateurs(trices) du Traité, un peu d’audace, rajouter une patte au (i)

(B2) Le débat sur le nouveau traité simplifié s’est aujourd’hui réduit à la plus simple expression, les droits de vote. Mis à part les changements climatiques et (un peu) la politique de migration, on en oublie les enjeux futurs, et surtout de cohésion sociale du nouvel ensemble européen. Même si ce n’est pas leur priorité, les Chefs d’Etat et de gouvernement devront faire un effort au moins pour montrer aux citoyens qu’ils n’oublient pas cette question. La sécheresse des questions institutionnelles ne doit pas montrer la sécheresse de l’Europe !

Une réelle avancée en matière sociale ne se fera pas dans une sempiternelle déclaration mais dans l’avancée des compétences. S’il est difficile d’abandonner le droit de veto sur les questions de sécurité sociale, en revanche, on peut bien imaginer d’agir ensemble sur la lutte contre la pauvreté. L’article 137 (qui régit les questions sociales) dans l’actuel Traité ne permet une action communautaire, pleine et entière (par voie de directive) que jusqu’au point (i) – l’égalité entre hommes et femmes -, laissant le point (j) – l’inclusion sociale -, dans une vague action de coopération.

Pourquoi ne pas changer cette boucle qui manque au (i), pousser jusqu’au (j), et inclure, à part entière, … l’inclusion sociale dans les objectifs communautaires. Quelle audace !

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).