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L’Allemagne en route vers un salaire minimum ou plusieurs ?

(B2) La question du salaire minimum fait débat depuis plusieurs mois en Allemagne. Mais les partenaires de la grande coalition — CDU et SPD — semblent proches d'un accord. Un rapport du groupe de travail ad hoc de la coalition, qui vient d'être publié, a déjà reconnu "la nécessité d'une action" en matière de "salaire minimum, de loi sur les travailleurs détachés, de défense contre les rémunérations indécentes et de rémunérations complémentaires" et affiche la volonté "de parvenir à des réglementations efficaces pour les bas-salaires".

S'il y a accord sur l'objectif, CDU et SPD divergent cependant sur les moyens. La CDU préfèrerait un salaire "mixte" (bas salaire complété par une subvention de l'Etat) à l'institution d'un salaire minimum, défendue par le SPD. Jusqu'à présent, l’Allemagne protégeait les professions particulièrement exposées au dumping salarial (comme le bâtiment) en instituant un salaire-plancher spécifique au secteur ; une loi étendue en mars dernier au secteur du nettoyage. Une solution serait de l'étendre au cas par cas. Le document du groupe de travail sera examiné, le 14 mai, par le « comité de coalition », qui devra trancher entre les différentes options.

La chancelière Angela Merkel n'a pas rejeté toute idée de solutions "flexibles, spécifiques à telle ou telle branche". Elle a, en revanche, réaffirmé son opposition à la création d'un salaire minimum unique et valable partout en Allemagne. S'exprimant devant les syndicats, elle a déclaré qu'elle misait plutôt sur le renforcement de « l'autonomie tarifaire », portée par des syndicats forts. « C'est aux organisations syndicales qu'il revient d'empêcher la fixation de salaires trop bas » a-t-elle expliqué.

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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