Le rapport sur les « réalités sociales » : un ton de franchise qui détonne…

(B2) Tous les Etats sont confrontés aujourd’hui à une transformation de la société entre les « cosmopolitains », gagnants de la mondialisation, et les « perdants » atteints par les restructurations industrielles et économiques. Et ce fossé « pourrait s’accroître » dans l’avenir.

D’emblée, le ton du rapport publié, le 26 février, par Roger Liddle, ancienne éminence grise de Tony Blair, et du français, Frédéric Lerais membres du Bureau des conseillers politiques du président de la Commission José-Manuel Barroso, étonne par sa franchise et son contenu. Ce rapport, présenté aux 27 Chefs d’Etat et de gouvernement le 8 mars, servira de base à une « consultation publique »  jusqu’au 31 décembre 2007. Objectif : « Faire le point des réalités et des tendances sociales actuelles au sein des sociétés européennes ».

Loin des habituels travaux de la Commission, qui sont davantage des exercices d’autosatisfaction, cette étude entend « provoquer la discussion », en faisant un tour des lieux sociétal de l’Europe englobant les opportunités d’emploi, la mobilité sociale, l’accès à la santé, le vieillissement, comme la vie familiale, les inégalités, la qualité de la vie, l’insécurité et délinquance, l’immigration.

Le rapport, étayé de nombreux chiffres, balaie toutes les discussions sempiternelles sur les différences entre Etats membres pour se concentrer sur les défis communs : démographie, augmentation de la diversité culturelle et ethnique, individualisation des valeurs…

A côté du fossé sociologique, économique, il existe aussi un fossé des qualifications et une « concentration du chômage dans certaines régions » ou chez certaines catégories : les jeunes (18,7% en moyenne), les seniors (le taux d’activité des seniors a chuté de 73-83% dans les années 1970 à 39-60% dans les années 2000). Un vrai défi, estiment les auteurs du rapport, qui met en exergue les « nombreuses barrières » persistant dans les Etats membres à l’égalité des chances. Le rapport met aussi en garde contre le danger de ne pas mieux intégrer les personnes d’origine immigrée, estimant qu’il s’agit d’un nid de radicalisme.

(NGV)

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