10.000 emplois perdus à Alcatel et Airbus : le cadet des soucis de la Commission européenne

(B2) Pour le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, L’Europe sociale est le cadet des soucis. Interrogé sur les plans sociaux à Alcatel et Airbus, le porte-parole du président de la Commission, José-Manuel Barroso, n’a pas voulu répondre. Se poser la question de la validité des plans sociaux en cours à Alcatel ou Airbus relève de « tendances idéologiques » estime Johannes Laitenberger et « n’a rien à voir avec la réflexion à long terme engagée par la
Commission sur la réforme du marché intérieur ». Il a ajouté également que « les décisions sont à prendre dans les entreprises », estimant qu’il ne faut pas « jouer sur la confusion des responsabilités entre celles de la Commission et des Etats membres », déniant ainsi toute responsabilité dans cette affaire.

Pour le commissaire européen à l’Emploi, Vladimír Špidla, l’important est le soutien aux salariés. « On ne peut pas éviter ces licenciements, de même qu’on ne peut éviter pour l’avenir d’autres licenciements. La question la plus importante à résoudre est donc de fournir un soutien efficace aux personnes licenciées pour retrouver un poste de travail. C’est avant tout la tâche des plans sociaux des sociétés. On doit utiliser tous les instruments que nous donnent législation nationale et européenne, l’information et la consultation. Du coté de la Commission européenne, notre tâche est de vérifier que tout est fait en conformité, notamment par rapport à l’information et la consultation des travailleurs, qui est régie par une directive européenne. Et s’il y a des problèmes ou des demandes, nous pouvons réagir. Pour l’instant, nous n’avons eu aucune demande en ce sens. »  Il a ajouté : « Je voudrais aussi préciser que nous ne cherchons pas à assouplir les licenciements. Quand nous parlons de développer la flexsécurité, il s’agit de rechercher une nouvelle sécurité dans un temps où tout est si flexible. La part la plus importante pour nous est le soutien efficace dans le moment de la transition. »

Quant à Gérard Larcher, ministre français du Travail, il ne veut pas faire jouer le Fonds
mondialisation.
Le nouveau fonds d’ajustement à la mondialisation, mis en place au niveau européen en janvier, n’est pas – selon Gérard Larcher, ministre des Relations du Travail, répondant à nos questions lors du Conseil des Ministres de l’Emploi, le 22 février, « la rustine à tous les problèmes. La question est davantage de se poser la question de l’avenir des télécommunications, une question qui doit se poser au niveau européen » (outre Alcatel, il y a le cas de Siemens et de Nokia).

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).