Un Finlandais en pays d’Oc (Ari Vatanen)

Adepte des rallyes automobiles, le finlandais Ari Vatanen est député européen. Il se présente à nouveau mais cette fois en France, dans la région sud-est, deuxième sur la liste UMP. Portrait

(B2) Après cinq ans de mandat siégeant dans le groupe centre-droit des Finlandais, Ari Vatanen se sent un peu comme un poisson dans l’eau dans ce Parlement multilingue. Pour ce champion du monde des rallyes automobiles en 1981, laissé pour mort sur le bitume d’un circuit argentin en 1985, avant de renaître deux ans plus tard sur les pistes du Dakar et de finir en apothéose en 1997 comme champion des rallyes raids, « être député, c’est une continuation assez logique. Tout ce que j’ai obtenu c’est grâce au travail d’équipe. Grâce à des gens derrière soi, on peut faire quelque chose. La politique, c’est pareil. »

Finlandais en terre de Lubéron, il sera un des rares Européens – fait assez rare – à se présenter en France. Deuxième sur la liste UMP du grand Sud-Est, Ari avoue avoir un peu « hésité » à se représenter. Mais « la vie c’est comme après les 90 minutes d’un match de football, vous ne savez pas combien de minutes, il vous reste. Je me suis dit : soit il faut le faire, sinon je ne suis pas vraiment un Européen ».

Un coup de chapeau aux Français

Il est d’ailleurs fier de cette place de choix. « Je dois donner un coup de chapeau aux Français, de m’avoir accepté comme çà. C’est une preuve d’esprit libre ». « Il faudrait l’avoir dans d’autres domaines » ne peut s’empêcher d’ajouter cet homme droit, affable, qui ne garde pas longtemps sa langue dans sa poche. S’il n’hésite pas ainsi à proclamer sa foi dans le libéralisme et son américanophilie, il prône aussi une orientation sociale qui n’est pas feinte. « Monsieur tout le monde qui gagne seulement 1000 euros aujourd’hui doit pouvoir gagner demain 100 ou 200 euros de plus. Ce n’est pas tant une question de partage des richesses, c’est une question d’opportunité. » estime-t-il.

Je voterais pour Tony Blair

« Si j’étais en Angleterre, je voterais pour Tony Blair » répète-t-il d’ailleurs à satiété. Du gaullisme de gauche, en quelque sorte. A une différence près ! Ari Vatanen est avant tout un ardent européen. « On est encore cloisonné par les frontières nationales. On oublie qu’on travaille pour un pays qui s’appelle entre guillemets « l’Europe. [On oublie que] trois-quarts de la législation vient de Bruxelles.» C’est plutôt le manque d’ambition actuel qui l’inquiète. « Il faudrait moins d’Europe tatillonne et davantage d’Europe visionnaire ».

Nicolas Gros-Verheyde

Paru dans France-Soir, 2004

On ne peut plus se permettre d’avoir une bataille pour le pouvoir comme une fin en soi.

 

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).