Incendies de forêts : alerte rouge à Bruxelles

(Archives B2) Un petit bureau dans un des bâtiments de la Commission européenne, avenue Beaulieu à Bruxelles. Même si les murs ne regorgent pas de photos chocs, ici, l’Europe est avant tout concrète

De veille 24 heures sur 24

Tremblements de terre, naufrage d’un pétrolier, explosion chimique, la petite vingtaine de fonctionnaires que compte l’unité de protection civile de la DG environnement se doivent de parer à toute demande de renfort d’un pays européen, voire étranger. Créée après une série de catastrophes — le naufrage de l’Erika, les violentes tempêtes, la pollution du Danube —, la cellule de crise de l’Union européenne œuvre selon le principe cher aux mousquetaires, ‘Un pour tous, Tous pour un‘. Ce 24 heures sur 24.

Urgence feux !

Lundi dernier, ainsi, il était 20 heures passées de plusieurs minutes quand le service de sécurité de la Commission européenne (vers qui sont déroutés les appels hors des heures de bureau) réceptionne la demande d’aide du Codisc, le centre opérationnel de la sécurité civile française. L’urgence du moment : les moyens aériens. Aussitôt l’unité ‘protection civile’ répercute l’appel sur les 30 pays européens qui font partie du réseau. L’Italie est la première à répondre. Un hélicoptère s’envole rapidement pour la Corse. Des avions grecs et espagnols suivent. Destination : Marignane, la base aérienne de lutte contre les incendies.

La solidarité joue à plein

Ils seront rejoints rapidement par plusieurs hélicoptères allemands Puma. Les Norvégiens ont également proposé leur aide. Mais la discussion est plus ardue. Contrairement à leurs homologues, qui fournissent les moyens sans contrepartie financière autre que la prise en charge normale des coûts de vol et du déplacement des personnels, les Nordiques sont plus durs en affaires ou… moins solidaires !

Une cellule montée en puissance peu à peu

Créée après une série de catastrophes en 1999-2000 — le naufrage de l’Erika, les violentes tempêtes, la pollution du Danube — la cellule a pris le relais d’un système plus lâche d’information mis en place dès 1991. C’est l’attentat du World trade Center à New-York en 2001 qui servira de déclencheur. Quelques semaines après, le centre est créé, selon le principe, cher aux mousquetaires : ‘Tous pour un’. Chaque pays européen, de l’Estonie au Portugal en passant par l’Irlande ou la Grèce, peut faire appel à cette cellule quand il doit faire face à un sinistre important ou nécessitant des moyens spécifiques.

La première force d’intervention de sécurité civile au monde

Car l’Europe quand on additionne ses pompiers, ses matériels divers et variés et ses experts en tout genre, représente la première force d’intervention de sécurité civile au monde. Face aux incendies de forêts qui ravagent le sud, la France avait surtout besoin de moyens aériens. Aussitôt demandé, la réponse ne tarda pas. Italiens, Grecs et Espagnols étaient prêts à fournir des moyens. Allemands et Norvégiens également. Des hélicoptères allemands devraient d’ailleurs rapidement rejoindre le théâtre d’opérations.

Le long terme à l’étude

Voilà pour la demande d’urgence. Mais à la Commission européenne, on étudie également le plus long terme. Au cabinet du commissaire Michel Barnier, chargé de la politique régionale, on examine comment les fonds structurels pourraient être utilisés pour reconstruire.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Version complétée de l’article paru dans France-Soir, juillet 2003

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).