Fourniret : Je ne suis pas un Dutroux n° 2

(archives B2 *) L’auteur de l’enlèvement d’une fillette en Belgique nie farouchement toute implication dans des affaires similaires commises en France

La chambre du conseil de Dinant devrait aujourd’hui (29 juillet) confirmer le maintien en détention préventive de Michel Fourniret. Ce Français, résidant en Belgique, est actuellement inculpé de tentative d’enlèvement d’enfant et d’attentat à la pudeur mais non de viol et de séquestration, comme un temps avancées.

Un enlèvement raté et le début d’une enquête judiciaire

Le 26 juin dernier, près de la gare de Ciney, en Belgique, il aborde une jeune adolescente, Marie-Asumpcion, 13 ans à peine. Sous prétexte de demander son chemin, il l’embarque dans sa camionnette. Mais la gamine, déterminée et astucieuse, parvient à s’enfuir et, même, à relever le numéro de la plaque d’immatriculation de son agresseur. Arrêté peu après, Fourniret passe rapidement aux aveux. « Il n’a jamais contesté la réalité des faits » affirme son avocat, maître Castaigne. En revanche il « nie toute implication dans d’autres enlèvements d’enfants ».

Un passé relativement trouble remonté par les enquêteurs

Rapidement, en effet, les enquêteurs belges et français rapprochent le passé, pour le moins trouble, de Fourniret – plusieurs condamnations en France pour des faits similaires dans les trente dernières années – de certains enlèvements d’enfants non élucidés : la disparition d’Estelle en région parisienne, pour lequel le SRPJ de Versailles fera le déplacement à Dinant, comme celle de deux jeunes filles, Céline Saison et Mananya Thumpong, enlevées en France, et dont les corps seront retrouvées en Belgique.

Un client abasourdi ?

Mon client est « totalement abasourdi de toutes les affaires qu’on veut lui mettre sur le dos. Il n’est pas un Dutroux numéro 2 » précise son avocat. Des devoirs d’enquête, instructions complémentaires, ont été diligentés tous azimuts, de part et d’autre de la frontière. Mais, sans succès pour l’instant. Le jardin du prévenu, sa maison à Sart-Custinne, retournés de fond en comble par les enquêteurs, qui n’entendent laisser aucun indice ou cache secrète de coté, ne donne pas plus de résultat. Sinon la découverte d’armes. Quatre au total. Bizarre pour un simple forestier !

Des explications alambiquées

Fourniret reconnaît être le propriétaire de deux d’entre elles, dont un Riot Gun, sans disposer de port d’armes. Mais, pour les deux autres pistolets, provenant d’un vol au poste frontière de Givet, elles proviendraient – selon l’inculpé – « de forains, avec qui il a travaillé et qui auraient laissé ces armes chez lui » ! Des explications plutôt alambiquées et qui ne plaident pas en faveur d’un homme dont la personnalité, particulièrement complexe, est difficile à cerner. L’enquête psychiatrique est d’ailleurs toujours en cours.

Nicolas Gros-Verheyde

(*) article paru dans France-Soir 29 juillet 2003