Golfe Moyen-Orient

Sommet d’Athènes : Valse à trois temps sur l’Irak

Réunis en sommet à Athènes, l’heure était venue pour les leaders européens, communiant autour de l’adhésion de 10 nouveaux pays, de se réconcilier.

(B2) L’Europe va ainsi, comme une valse à trois temps. Dans un premier temps, sont la tempête, la brouille et les cris, Puis, comme dans les vieux couples qui savent qu’il faut continuer à vivre ensemble, il faut ramasser la vaisselle cassée, ravaler ses larmes, sa colère et se rabibocher, à voix basse. A Athènes si la question irakienne n’était ainsi pas officiellement à l’ordre du jour de ce sommet européen, elle a donné lieu à maints conciliabules. Tony Blair et Jacques Chirac se sont alors rencontrés durant 25 longues bonnes minutes. Un bienheureux hasard, selon la porte-parole du leader britannique : “Le premier ministre est allé prendre l’air. Chirac a eu la même idée. C’était totalement spontané et imprévu“. “Pas du tout un hasard” s’est empressé de démentir le président français “… mais un rendez-vous prévu d’avance” !

Cette divergence mise à part, les deux dirigeants ont évoqué le rétablissement des services publics essentiels en Irak, la situation dans les hôpitaux, et leur “commune inquiétude face au pillage des musées à Bagdad” dixit Chirac. Ce qui n’a pas empêché ce dernier dans sa conférence de presse d’adresser une petite pique aux anglo-américains en les désignant comme “autorités d’occupation” et d’espérer qu’ils seront d’accord sur l’idée de la Commission européenne d’un pont aérien pour rapatrier les enfants blessés.

Quoi qu’il en soit, les dirigeants des 25 – les Quinze Etats membres et les dix nouveaux Etats venus à Athènes signer leur traité d’adhésion – devaient adopter une déclaration commune réaffirmant notamment le plein “soutien aux Nations-unies et à leurs efforts pour garantir la légitimité internationale …“. Quant à la volonté pour l’Europe “d’assumer [ses] responsabilités mondiales” qui figure également dans cette déclaration, il est encore sans doute un peu tôt. Pour le troisième temps de la valse, la politique commune extérieure et de défense, il faudra donc sans doute attendre…

(Nicolas Gros-Verheyde – article publié dans France-Soir, avril 2003)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).