CentrAmbulancesBDP#330(Archives B2, à Budapest). En Hongrie, les tâches en matière d’urgence sont bien séparées. Le service d’incendie (Tüzoltosag) ne fait pas d’interventions sanitaires, et le service médical effectue tous les transports, d’urgence ou non du malade.

Un dispositif unique

Ce système, un des plus vieux du continent européen (créé en 1845), fonctionne somme toute à la satisfaction générale, vu le manque de moyens. Mais comme le constate amèrement un de ses responsables “l’argent dans les hôpitaux, on en manque encore plus“. Tout le pays est bâti sur le même modèle. Un numéro d’appel unique, le 04, couvre quasiment le territoire national et est relié à un standard basé dans chaque grande ville. Le standard de Budapest sert également de centre national d’intervention en cas de grande catastrophe. 165 stations d’ambulance quadrillent le pays, ce qui permet un délai moyen d’intervention de 10 minutes en ville et de 20 minutes en campagne – l’état des routes, expliquant sans doute cette différence.

Les véhicules “d’attaque” et les autres

Deux véhicules d’intervention existent. La “voiture d’attaque” (ou Rohankocsi), est une véritable antenne chirurgicale d’urgence, monté en général sur un châssis Mercedes. Son équipement ne ferait pas rougir un de nos SMUR : défibrillateur made in RFA, nécessaire de réanimation made in Sweden, matelas coquille, pacemaker. Mais ces véhicules sont assez rares. La quasi totalité des moyens d’intervention (en voie de modernisation) ressemble plutôt aux bons vieux cars français de Police secours qu’à des ambulances : brancard, couverture, nécessaire de première urgence. La priorité est certes donnée à l’hospitalisation. Mais il n’est pas rare de voir les urgentistes raccompagner le malade chez lui ou à un dispensaire. Les malades sont ainsi hospitalisés pour 82%

L’officier de secours, une spécificité locale

L’originalité du système réside surtout dans l’institution, spécifiquement hongroise de l’officier de secours. Créé pour pallier au manque de médecins à l’époque et répondre au besoin de spécialistes de haut niveau, ses études durent 7 ans, avec essentiellement de la pratique. Muni d’un bac et de ses trois années d’études d’infirmier, doublées de deux ans de pratique, il peut alors passer un examen d’entrée à l’école de santé spécialisée qui le formera durant 4 ans, à coté de son travail, à sa fonction d’officier de secours. Cette formation n’a pas d’autres emplois que dans le service d’urgence, mais une passerelle existe avec les études de médecine.

Nicolas GROS – Paru dans Panorama du médecin, septembre 1993

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).