1991. Vukovar se sent abandonné

Vukovar se sent abandonné. Voilà 83 jours que la ville croate située à quelques kilomètres de la frontière avec la Serbie sur les rives du Danube subit les assauts de l’armée fédérale. Et depuis la
mi-août, sa résistance s’amenuise de jour en jour. L’isolement se fait sentir au point que le commandant local des forces armées croates a la semaine dernière accusé les autorités de Zagreb
(Croatie) de les avoir abandonnés. Entre les deux camps hostiles, les civils seront – comme dans tous les conflits – les principales victimes du choc final. La majeure partie d’entre eux a déjà
fui, qui en Hongrie en Croatie ou en Serbie. Les quelques milliers de civils qui s’accrochent encore à leur maison auront le choix entre mourir sous les obus, être exécuté par un militaire déchainé
ou exploser sur une mine. A moins qu’entre temps, un accord de cessez-le-feu ne vienne redonner un souffle d’air à la ville assiégée.

(article paru dans “La Truffe” quotidien français éphèmère, 14 novembre 1991, © NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).